La e-cigarette associée à une élévation du risque cardiovasculaire (étude américaine)

Publié le lundi 11 mars 2019
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LA NOUVELLE ORLEANS (Louisiane), 8 mars 2019 (APMnews) - Les personnes qui consomment des cigarettes électroniques auraient un risque cardiovasculaire, notamment d'infarctus du myocarde, augmenté, selon une grande étude épidémiologique américaine dont les résultats doivent être présentés dans 10 jours au congrès de l'American College of Cardiology (ACC) à La Nouvelle Orléans, mais ont été annoncés en avance.

Cependant le résumé de l'étude qui sera présentée par Mohinder Vindhyal de l'université du Kansas à Wichita n'indique pas quels étaient les dosages de nicotine dans les e-cigarettes consommées.

Or, alors qu'en Europe les produits disponibles contiennent moins de 20 mg/ml de nicotine (au-dessus de ce seuil, ils devraient demander une autorisation de mise sur le marché comme un médicament), aux Etats-Unis les dosages peuvent être plus élevés, comme la Juul* qui contient jusqu'à 59 mg/ml de nicotine. Il conviendra de disposer des détails de l'étude, après sa présentation, pour estimer les implications de ces résultats pour la situation française.

Les chercheurs ont étudié 96.467 personnes interrogées dans le cadre de la National Health Interview Survey en 2014, 2016 et 2017.

Les personnes qui vapotaient, comparées à celles qui n'utilisaient pas de cigarettes électroniques, avaient un risque d'infarctus augmenté de 56%, un surrisque d'accident vasculaire cérébral (AVC) augmenté de 30%, un risque de "problèmes circulatoires" élevé de 44% et plus modérément, un risque de maladie coronaire augmenté de 10%.

Une analyse multivariée prenant en compte de nombreux facteurs (facteurs de risque cardiovasculaire, âge, sexe, indice de masse corporelle... et le fait de fumer aussi des cigarettes) diminuait l'impact de la e-cigarette. Le risque d'infarctus n'était plus augmenté "que" de 25% et le risque d'AVC et de "problèmes circulatoires" n'était plus significatif.

Par ailleurs, les chercheurs ont aussi observé avec la e-cigarette une augmentation du risque de dépression, anxiété ou "problèmes émotionnels". En première analyse, le risque était doublé, et dans l'analyse multivariée il était augmenté de 55%.

Dans un communiqué de l'ACC, le chercheur américain précise que même chez les personnes qui ne vapotaient pas tous les jours, un surrisque d'infarctus était observé.

Avec un tel risque, "je ne voudrais pas qu'aucun de mes patients ni des membres de ma famille vapent", commente Mohinder Vindhyal.

Mais l'étude montre aussi que les fumeurs de "vraies" cigarettes avaient des risques nettement plus élevés. Leur risque d'infarctus était augmenté de 165%, leur risque de maladie coronaire de 94% et leur risque d'AVC de 78%.

Le chercheur souligne dans le communiqué et dans le résumé de l'étude que ce travail ne permet pas d'établir un lien causal. Des études de cohorte sont nécessaires pour déterminer la causalité.

Source : APM News

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