Télésuivi de l'insuffisance cardiaque: une réduction des hospitalisations, mais pas de la mortalité (étude française)

Publié le mardi 23 juin 2020
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APM news

PARIS, 22 juin 2020 (APMnews) - Le télésuivi de l'insuffisance cardiaque à l'aide du programme non médical Chronic Care Connect* Cardiologie (Air Liquide) n'a pas permis une réduction de la mortalité ni des hospitalisations non prévues, malgré une réduction du risque de première hospitalisation pour insuffisance cardiaque, selon les résultats de l'étude OSICAT, présentés la semaine dernière au congrès virtuel HFA Discoveries de l'European Society of Cardiology (ESC).

Ce dispositif de télésuivi des patients insuffisants cardiaques, auparavant baptisé Cordiva* (Alere), avait montré dans une étude allemande une baisse de la mortalité et une diminution du coût global de prise en charge des insuffisants cardiaques. Il a commencé à être déployé en France en 2017, dans le cadre des expérimentations en télémédecine lancées par les pouvoirs publics.

Il repose sur l'utilisation à domicile d'une balance connectée reliée à une tablette numérique permettant une surveillance continue du poids et d’autres paramètres cliniques. Tous les jours, le patient se pèse et remplit un questionnaire sur les symptômes associés à son insuffisance cardiaque. Des alertes générées par un algorithme automatique permettent la détection précoce des décompensations cardiaques. Un programme d'accompagnement thérapeutique personnalisé par téléphone, par des infirmières formées, y est associé.

L'essai randomisé multicentrique en ouvert OSICAT a inclus 937 patients suivis dans 38 centres français, entre mai 2013 et décembre 2017. Ils avaient été hospitalisés pour une insuffisance cardiaque aiguë au maximum 12 mois avant l'inclusion. Ils ont été randomisés entre le programme de télésurveillance et la prise en charge conventionnelle.

Le risque de décès de toute cause ou hospitalisation non prévue à 18 mois n'a pas été significativement réduit dans le groupe bénéficiant du télésuivi: le nombre moyen d'évènements était de 1,30 dans le groupe télésuivi contre 1,98 dans le groupe contrôle.

Mais le délai médian avant le décès ou la première hospitalisation non prévue était significativement plus élevé dans le groupe télésuivi (82 jours contre 67 jours), parmi les patients ayant une insuffisance cardiaque sévère (NYHA III ou IV).

Le risque de première hospitalisation pour insuffisance cardiaque a en outre été significativement réduit de 21% dans le groupe télésuivi, avec un bénéfice plus important chez les patients sévères (-29%), socialement isolés (-38%) ou les plus adhérents à la mesure du poids quotidienne (-37%).

Une amélioration statistiquement significative de la qualité de vie a également été observée dans le groupe télésuivi, indique Air Liquide dans un communiqué.

"OSICAT est la plus large étude randomisée évaluant la télésurveillance non médicale chez les patients insuffisants cardiaques en France. Elle nous a permis de tirer des enseignements importants pour le déploiement en vie réelle de la télésurveillance, médicale cette fois-ci, qui comprend un partage d’information directement avec le cardiologue télésurveillant", commente le Pr Michel Galinier, chef de service Cardiologie, Centre de prise en charge des patients insuffisants cardiaques (Cepic) Fédération de cardiologie au CHU de Toulouse, investigateur coordonnateur de l'étude, dans le communiqué.

"Dans le contexte du Covid-19, la télésurveillance des patients avec pathologies chroniques prend tout son sens pour permettre un suivi optimal des patients", note-t-il.

Source: APMnews

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