Prévention cardiovasculaire: la réduction du LDL-cholestérol chez les plus de 75 ans bénéfique

Publié le vendredi 20 novembre 2020
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LONDRES, 18 novembre 2020 (APMnews) - Chez les patients âgés, les risques d’infarctus du myocarde sont d’autant plus importants que les niveaux de LDL-cholestérol sont élevés, et les traitements hypolipémiants sont associés à une diminution du risque cardiovasculaire similaire que celle observée chez les plus jeunes, selon une méta-analyse et une étude épidémiologique publiées dans The Lancet.

Les bénéfices cliniques des traitements visant à réduire le taux de LDL-cholestérol chez les patients très âgés restent débattus.

Martin Bodtker et Borge Gronne Nordestgaard de l’hôpital universitaire de Copenhague à Herlev (Danemark) ont testé l’hypothèse selon laquelle un taux de LDL-cholestérol élevé dans une population contemporaine âgée de 70 à 100 ans serait associé à un risque accru d’infarctus du myocarde et de maladie cardiovasculaire athérosclérotique.

Ils ont inclus 91.131 patients issus de la Copenhagen General Population Study (CGPS) qui ne présentaient pas de maladie cardiovasculaire athérosclérotique ou de diabète au début de l’étude et qui ne prenaient pas de statine.

Durant un suivi moyen de 7,7 années, un premier infarctus du myocarde est survenu chez 1.515 patients tandis que 3.389 participants développaient une maladie cardiovasculaire athérosclérotique.

Globalement, le risque d’infarctus du myocarde était accru de 34% et le risque de maladie cardiovasculaire athérosclérotique était augmenté de 16% pour chaque mmol/L supplémentaire de LDL-cholestérol. Ces effets s’observaient sur toutes les classes d’âge, et notamment chez les 70-100 ans.

Chez les plus de 80 ans, le risque d’infarctus du myocarde était augmenté d’un facteur 3 lorsque le taux de LDL-cholestérol se situait à plus de 5 mmol/L, en comparaison des patients du même âge dont le LDL-cholestérol ne dépassait pas 3 mmol/L. Dans la classe d’âge précédente (70-79 ans), ce risque n’était multiplié "que" d’un facteur 1,8, soulignent les auteurs.

Les auteurs ont calculé que le nombre de sujets à traiter sur 5 ans pour prévenir un infarctus du myocarde ou un événement cardiovasculaire athérosclérotique (dans l'hypothèse où tous les patients recevraient une statine d’intensité moyenne) serait plus faible chez les sujets âgés de 70 à 100 ans que chez les plus jeunes. Cela suggère un intérêt du traitement hypolipémiant pour cette classe d’âge… ce que confirme la méta-analyse.

Les traitements hypolipémiants aussi efficaces chez les personnes âgées que chez les jeunes

Baris Gencer de la Harvard Medical School à Boston et ses collègues ont effectué une revue systématique de la littérature et ont inclus dans une méta-analyse les essais cliniques randomisés et contrôlés ayant étudié, chez les plus de 75 ans et sur au moins 2 ans, les effets cardiovasculaires des traitements hypolipémiants.

Au total, 6 articles (dont la méta-analyse de la Cholesterol Treatment Trialists’ Collaboration regroupant déjà les données de 24 études) ont été analysés.

Sur ces 29 études, 21.492 patients (8,8% de la population totale) étaient âgés d’au moins 75 ans et ont été suivis en médiane pendant 2,2 à 6 ans. Parmi eux, près de la moitié (54,7%) étaient inclus dans une étude analysant les effets des statines, 28,9% les effets de l’ézétimibe et 16,4% les effets d’un inhibiteur de PCSK9.

Chaque baisse de 1 mmol/L de LDL-cholestérol a permis de réduire de 26% le risque d’évènements vasculaires majeurs chez les patients âgés et cette réduction était similaire à celle observée chez les patients de moins de 75 ans.

Les bénéfices de la réduction du LDL-cholestérol chez les patients les plus âgés ont été observés pour chaque composante du critère, notamment les décès cardiovasculaires (-15%), les infarctus du myocarde (-20%), les accidents vasculaires cérébraux (-27%) et les revascularisations coronaires (-20%).

Les auteurs estiment que ces résultats devraient encourager à recommander les traitements hypolipémiants, notamment hors statines, chez les personnes âgées.

Dans un éditorial, Frederick Raal et Farzahna Mohamed de l’université de Witwatersrand à Johannesburg (Afrique du Sud) font aussi un commentaire sur l'âge auquel initier un traitement hypolipémiant. Ils soulignent que la moyenne d’âge des patients de ces études était de plus de 60 ans, un âge auquel la maladie cardiovasculaire athérosclérotique est déjà bien installée.

Ils rappellent qu’une instauration précoce des traitements hypolipémiants, de préférence avant 40 ans, permet de retarder l’apparition d’une maladie cardiovasculaire et d’obtenir de meilleurs résultats que la gestion plus tardive d’une pathologie déjà présente.

Source : APMnews

Mots clés: Prévention Prévention

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