Davantage de risque de diabète de type 2 avec un LDL-cholestérol bas

Publié le jeudi 27 novembre 2025

Un taux bas de LDL-cholestérol est associé à une augmentation du risque de diabète de type 2, et cela contribuerait -en partie- au fait que les statines augmentent le risque de diabète, montre une étude épidémiologique italienne publiée par Cardiovascular Diabetology.

De nombreux travaux ont mis en évidence une augmentation du risque de diabète de type 2 chez les personnes traitées par les hypocholestérolémiants de la famille des statines. De ce fait, le diabète a été considéré comme un effet secondaire du traitement par statine, au mécanisme toutefois pas clairement identifié, rappellent Maria Lembo de l'université Federico II à Naples et ses collègues.

Mais des études génétiques ont aussi montré que les personnes porteuses de certains variants génétiques connus pour être associés à un LDL-cholestérol (LDL-C) bas avaient un risque de diabète de type 2 majoré. Cela posait la question de savoir si, chez les patients traités par statine, c'était le taux bas de LDL-C induit par la statine, et non la statine en elle-même, qui serait responsable du risque augmenté de diabète.

Pour approfondir cette question, les chercheurs ont suivi une population pour étudier l'effet du taux de LDL-C en lui-même sur le risque de diabète. Ils ont suivi 13.674 personnes âgées entre 19 et 90 ans, sans diabète au départ, durant près de six ans en médiane. Durant cette période, 1.819 participants (13%) ont développé un diabète de type 2. Les participants ont été divisés en quatre groupes (quartiles) selon leur taux de LDL-C de départ: moins de 0,84 g/l, entre 0,84 et 1,07 g/l, entre 1,07 et 1,31 g/l et plus de 1,31 g/l.

 Ils ont constaté qu'il y avait une relation inverse entre le taux de LDL-C et le risque de diabète de type 2. L'incidence du diabète était de 27,6 cas pour 1.000 personnes-années dans le quartile ayant les taux de LDL-C les plus bas; cela passait à 17,4 cas pour 1.000 personnes-années dans le deuxième quartile, 13,5 cas pour 1.000 personnes-années dans le troisième quartile et 8,4 cas pour 1.000 personnes-années dans le quartile ayant les taux de LDL-C les plus élevés.

 L'étude montre aussi que, globalement, le risque de diabète était plus élevé chez les patients traités par statine, quel que soit leur taux de LDL-C, cet effet étant plus important aux taux de LDL-C les plus élevés. Le risque de diabète était augmenté de 75% par la statine chez les personnes du premier quartile, de 63% dans le deuxième quartile, de 54% dans le troisième et était multiplié par 2,4 en cas de statine dans le quatrième quartile. 

Ainsi, cette étude apporte deux enseignements: il existe une relation inverse entre LDL-C et risque de diabète, mais en plus de cet effet du taux LDL-C, le traitement par statine augmente le risque de diabète. Ainsi, la réponse à l'interrogation initiale est que les statines augmenteraient le risque de diabète par deux moyens: via la baisse du taux de LDL-C et via un autre mécanisme qui leur est propre. Les auteurs concluent par ailleurs que le taux de LDL-cholestérol pourrait avoir un intérêt comme biomarqueur pour évaluer le risque de diabète de type 2. 

(Cardiovascular Diabetology, publication en ligne du 11 novembre)

 

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