L'expérimentation de 3 structures libérales légères pour la rééducation des coronariens et insuffisants cardiaques autorisée

Publié le vendredi 21 février 2020
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APM news

PARIS, 20 février 2020 (APMnews) - Une expérimentation "article 51" pour le financement de structures libérales légères (SLL) pour la rééducation des patients coronariens et insuffisants cardiaques a été autorisée par un arrêté publié jeudi au Journal officiel.

L'autorisation, qui concerne 3 sociétés d'exercice libéral (SELARL) à Paris, Nantes et Reims, est donnée pour 3 ans à compter de la prise en charge du premier patient, au titre des expérimentations d'innovations organisationnelles et financières dites "article 51". Son champ d'application est interrégional et national.

Face au manque de places dans les structures de soins de suite et de réadaptation (SSR), la création d'une filière ambulatoire libérale permettrait d'augmenter le nombre de patients pris en charge en réadaptation cardiaque, alors que 70% des patients éligibles n'en bénéficient pas actuellement.

Selon le cahier des charges publié en annexe de l'arrêté, trois structures juridiques sont autorisées dans le cadre de cette expérimentation: la société Coeur & Santé à Paris, la société Cardio Confluent à Nantes et le "Centre Coeur et Santé 51 Groupe médical Saint-Rémi" à Reims. Le pilotage de l'expérimentation est assuré par le Dr Dany Michel Marcadet, de l'équipe parisienne.

"La structure libérale légère est une organisation souple, en lien avec le médecin traitant et les établissements de santé, permettant la prise en charge pluriprofessionnelle, flexible et sur le long terme des patients nécessitant une réhabilitation cardiaque", avec une prise en charge complète conforme aux recommandations de la Société française de cardiologie (SFC), et des horaires d'ouverture élargis, est-il précisé dans le cahier des charges.

La SLL est constituée d'une équipe pluridisciplinaire: au moins 3 cardiologues, un kinésithérapeute, un infirmier diplômé d'Etat, un diététicien, un psychologue, un médecin addictologue, un éducateur thérapeutique (infirmier, aide-soignant diplômé éducation thérapeutique) et un éducateur sportif.

Le lieu d'exercice de la SLL peut être un cabinet de groupe de cardiologues, une clinique ou un hôpital avec une salle de déchoquage.

Le financement du projet intègre l'éducation pour la santé de ces patients chroniques, "qui complétera la prescription médicamenteuse et la réadaptation par le réentraînement".

L'éducation pour la santé comprend l'éducation thérapeutique, l'activité physique, la gestion du stress et l'addictologie, et la nutrition. Elle est personnalisée et adaptée aux besoins du patient.

Le cahier des charges décrit le rôle de chaque intervenant, le cardiologue étant chargé, avec l'infirmier/aide-soignant, de la coordination et du suivi médical du patient.

Le projet implique une harmonisation des pratiques, par la formation des professionnels impliqués, et la centralisation des données.

Les patients sont inclus selon 2 modalités: dans 70% des cas, ils sont adressés après hospitalisation pour syndrome coronaire aigu, chirurgie cardiaque, décompensation cardiaque, angioplastie programmée, angor chronique ou insuffisance cardiaque chronique, et haut risque cardiovasculaire. Dans 30% des cas, ils sont adressés via des cardiologues de ville ou des médecins généralistes.

Le cahier des charges définit le parcours du patient, du 1er contact avec la structure à l'évaluation médicale finale, en passant par le diagnostic et la définition du plan personnalisé de soins du patient, l'entretien avec l'infirmier/aide-soignant, la phase de rééducation, la consultation médicale du cardiologue à mi-parcours.

Le plan personnalisé de soins contient 20 à 40 séances d'activité physique, participation aux ateliers d'éducation thérapeutique et, si besoin, de gestion du stress, de nutrition et de tabacologie.

Plus de 2.200 patients prévus dans l'expérimentation

Les possibilités d'accueil prévues sont de 12 nouveaux patients par semaine à Paris, 5 à Nantes et 5 à Reims, soit au total 2.288 patients sur les 3 ans de l'expérimentation.

Le modèle économique repose sur 2 types de forfait par patient: un forfait initial systématique, sauf pour les patients ayant été traités en amont en SSR qui ne bénéficieront que du forfait complémentaire; un forfait complémentaire, pour les patients plus à risque et n'étant toujours pas autonomes pour la gestion de leur pathologie à la fin des 20 séances.

Le forfait initial comprend le 1er entretien par un infirmier, les entretiens initiaux avec les différents professionnels de santé visant à évaluer les besoins du patient, les séances collectives d'une heure (en moyenne 3 séances infirmier, 10 séances kinésithérapeute, 10 séances de réentraînement aérobie et renforcement musculaire, 2 séances d'éducation thérapeutique, une séance psychologue et 3 séances diététicien), les entretiens finaux et le temps de secrétariat.Le forfait initial s'élève à 445 € par patient et le forfait complémentaire à 151 € par patient.

Sur la durée totale de l'expérimentation, le coût total s'élève ainsi à 634.331 euros pour la structure parisienne, 264.305 € à Nantes et le même montant à Reims, soit pour les 3 projets plus de 1,16 million d'euros.

Des économies sont attendues avec l'expansion de tels projets, liées à la prise en charge à court terme de patients qui seraient allés en SSR mais vont être réorientés vers les SLL, et à plus long terme les économies concernant les 70% des patients qui ne recevaient pas de réadaptation cardiaque de phase II. Chez ces derniers, un surcoût est attendu à court terme du fait de la prise en charge en SLL, mais il sera compensé par la réduction de la mortalité (30%) et des récidives de syndrome coronaire aigu (50%).

Selon le cahier des charges, "on peut envisager entre 10 et 20 centres au maximum sur toute la France".

Source: APMnews

Mots clés: Réadaptation/Sport Réadaptation/Sport

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