Fer intraveineux en traitement de l'insuffisance cardiaque: Vifor fait la promotion des nouvelles recommandations

Publié le mardi 2 mai 2017

PARIS, 28 avril 2017 (APMnews) - Le laboratoire Vifor Pharma, qui commercialise Ferinject*, a mis en avant vendredi lors d'une conférence presse les dernières recommandations de la Société européenne de cardiologie (ESC), qui incluent désormais l'administration de fer par voie intraveineuse dans toutes les insuffisances cardiaques associées à une carence en fer.

Durant cette conférence de presse, à la veille du congrès spécialisé sur l'insuffisance cardiaque de l'ESC, qui se tient cette année à Paris, la possibilité de diminuer la mortalité et les hospitalisations pour insuffisance cardiaque a été soulignée par les médecins présents.

Mais ceux-ci ont reconnu qu'il y avait un besoin d'information des médecins, généralistes comme cardiologues, sur cette question à laquelle ils n'étaient pas sensibilisés jusqu'à présent.

Des études épidémiologiques ont montré que la carence martiale était présente chez environ la moitié des insuffisants cardiaques, dans la majorité des cas sans être associée à une anémie.

Mais, alors que dans le passé on s'est surtout intéressé à l'effet de l'anémie chez les insuffisants cardiaques, il s'avère qu'indépendamment de l'anémie, la carence en fer a également un effet négatif. Cette carence augmente la mortalité et le risque d'hospitalisation pour décompensation et altère la capacité d'exercice et la qualité de vie.

Baisse des hospitalisations et décès cardiovasculaires

Le Pr Thibaud Damy de l'hôpital Henri-Mondor à Créteil (AP-HP) a rappelé les résultats de l'étude FAIR-HF publiés en 2009 dans le New England Journal of Medicine (NEJM), montrant que Ferinject* (carboxymaltose ferrique injectable) a amélioré la classe NYHA, la capacité de marche et la qualité de vie (cf APM COMKI001).

De plus, une méta-analyse de 4 études randomisées, sur un total de 839 patients, publiée l'European Journal of Heart Failure il y a quelques jours, a mis en évidence une baisse de 47% des hospitalisations cardiovasculaires et décès cardiovasculaires.

Vifor attend désormais une confirmation de cette effet positif dans des études randomisées en cours, comme l'étude de grande taille AFFIRM-AHF, dont les résultats sont prévus pour 2020, a indiqué Isabelle Pithois Merli, directrice médicale France du laboratoire.

Le Dr Maxime Guenoun, cardiologue libéral à Marseille et président du Collège national des cardiologues français (CNCF), a indiqué que depuis 2016, le traitement par fer injectable des carences martiales est inclus dans les recommandations européennes de prise en charge de l'insuffisance cardiaque.

Seulement 0,2% des patients traités

Mais pour le moment, on est très loin d'une application de ces recommandations puisqu'on part pratiquement de zéro. Une étude observationnelle sur des patients français hospitalisés pour une insuffisance cardiaque aiguë a montré qu'alors que 69% présentaient une carence en fer, seuls 0,2% avaient reçu du fer injectable!

Si on compte le fer oral, cela monte à 8%, mais Maxime Guenoun a rappelé qu'une étude présentée en novembre 2016 a bien montré l'inefficacité du fer par voie orale sur la capacité d'effort des insuffisants cardiaques (APM CD1OGU3VC). C'est lié au fait que chez ces patients, il y a un déficit d'absorption digestive du fer.

Il y aura donc une éducation des médecins à faire sur plusieurs niveaux: pour leur faire connaître cet aspect des recommandations européennes, pour leur faire comprendre la différence entre le fer oral et injectable, et aussi pour améliorer le diagnostic de la carence martiale (le dosage du fer sérique n'est pas la bonne mesure, il faut s'intéresser à la ferritine et au coefficient de saturation de la transferrine).

Il y a également un travail d'organisation à faire. Ferinject* est en réserve hospitalière. Il doit être prescrit par un spécialiste hospitalier et administré à l'hôpital. Il faut donc améliorer la coopération ville-hôpital, le médecin de ville faisant le diagnostic et envoyant ensuite le patient se faire traiter à l'hôpital, a souligné le Dr Guenoun.

Et du côté des établissements, il y a une réflexion sur une structuration en hôpital de jour pour accueillir ces patients. "Les hématologues sont habitués à injecter des médicaments en hôpital de jour, ça n'était pas le cas des cardiologues jusqu'à présent. Nous sommes en train de nous structurer", a expliqué Thibaud Damy.

En pratique, un patient présentant une carence martiale reçoit une première injection d'1 g de Ferinject*. Trois mois après, on doit contrôler et, si nécessaire, faire une deuxième injection. Puis on peut envisager un contrôle annuel.

 

Source : APM International

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