Des anomalies à l'IRM cardiaque retrouvées chez 78% des patients plus de 2 mois après le diagnostic de Covid-19

Publié le jeudi 30 juillet 2020
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WASHINGTON, 27 juillet 2020 (APMnews) - Des anomalies cardiaques persistant plus de 2 mois après le diagnostic de Covid-19 sont présentes à l'IRM chez 78% des patients, sans distinction de sévérité du Covid-19, suggérant la nécessité de poursuivre la surveillance des conséquences cardiovasculaires à long terme de cette infection, selon une étude allemande publiée lundi dans JAMA Cardiology.

Des rapports de cas ont suggéré que le Covid-19 affectait surtout le système cardiovasculaire, mais son impact global reste à déterminer, soulignent Valentina Puntmann de l'hôpital universitaire de Francfort (Allemagne) et ses collègues.

Une IRM cardiovasculaire a été réalisée chez 100 patients guéris du Covid-19. L'imagerie a été réalisée entre 64 et 92 jours après le diagnostic de Covid-19. Les deux tiers des patients sont restés chez eux, tandis que 33% ont dû être hospitalisés.

Des anomalies ont été détectées à l'IRM cardiovasculaire chez 78% des patients.L'anomalie la plus fréquente était une inflammation du myocarde, définie par des mesures anormales sur les images T1 et T2 natives. Ces mesures anormales ont été retrouvées chez 60% des patients. Venaient ensuite des lésions régionales et des péricardites.

Il y avait une légère différence entre patients ayant récupéré chez eux et patients hospitalisés pour les séquences en T1, mais pas pour les séquences en T2 ni les niveaux de troponine T hautement sensible. Cette dernière était détectable chez 71 patients au moment de l'IRM, et significativement augmentée chez 5% des patients.

Aucune de ces mesures n'était corrélée au délai depuis le diagnostic.

Une biopsie du myocarde réalisée chez 3 patients présentant des anomalies sévères a révélé une inflammation lymphocytaire active, sans signe de présence de génome viral.

Les auteurs ont en outre déterminé que les mesures en T1 et T2 natives présentaient la meilleure capacité de discrimination pour la détection de pathologie myocardique liée au Covid-19, permettant de confirmer ou d'exclure une implication cardiaque.

"Ces résultats indiquent la nécessité de poursuivre la surveillance des conséquences cardiovasculaires à long terme du Covid-19", estiment les auteurs.

Du Sars-CoV-2 dans le coeur, sans myocardite

Une autre étude publiée également lundi dans JAMA Cardiology a recherché la présence du Sars-CoV-2 dans le coeur de 39 patients décédés du Covid-19.

Le virus a été mis en évidence dans le tissu cardiaque de 61,5% des patients, et une charge virale supérieure à 1.000 copies/µg d'ARN chez 41,0% des patients (16 patients).

Chez ces 16 patients, le profil de réponse cytokinique, portant sur 6 gènes pro-inflammatoires, était augmenté par rapport à 15 autres patients sans virus dans le tissu cardiaque. Toutefois, il n'y avait aucune infiltration de cellules inflammatoires chez les 16 patients avec une charge virale myocardique élevée ni de différences du nombre de leucocytes entre ces 2 groupes de patients.

Une infection cardiaque au Sars-CoV-2 est donc fréquente mais elle n'est pas forcément associée à une myocardite à la phase aiguë, concluent Diana Lindner de l'University Heart and Vascular Centre à Hambourg (Allemagne) et ses collègues, qui suggèrent eux aussi d'étudier les conséquences à long terme de l'infection cardiaque.

(JAMA Cardiology, publications en ligne du 27 juillet)

Source : APMnews

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