Covid-19: les cardiomyopathies de stress ont été plus nombreuses pendant la pandémie

Publié le vendredi 17 juillet 2020
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APM news

WASHINGTON, 10 juillet 2020 (APMnews) - L'incidence des cardiomyopathies de stress a significativement augmenté durant la pandémie de Covid-19 en comparaison d'autres périodes, selon une étude publiée jeudi dans JAMA Network Open.

La crise sanitaire liée à la pandémie Covid-19 a causé un stress intense pour la population. La quarantaine imposée, le manque d'interaction sociale, les règles de distanciation physique strictes ont eu des répercussions psychologiques, sociales et économiques dans la vie de nombreuses personnes.

L'impact de cette crise sur l'incidence des cardiomyopathies de stress (aussi connues sous le terme de syndrome de takotsubo, caractérisées par une présentation clinique proche de l'infarctus du myocarde mais sans atteinte myocardique, et qui est transitoire) n'est pas connu.

Dans une étude de cohorte rétrospective, Ahmad Jabri de la Cleveland Clinic Akron General à Akron (Ohio) et ses collègues ont mesuré l'incidence des cardiomyopathies de stress durant la pandémie et l'ont comparé à plusieurs périodes antérieures.

A l'aide des dossiers médicaux électroniques de 2 hôpitaux de Cleveland (Ohio), ils ont estimé l'incidence des cardiomyopathies de stress chez 258 patients qui s'étaient présenté en laboratoire de cathétérisme cardiaque pour un syndrome coronaire aigu pendant la période de la pandémie (1er mars-30 avril 2020) et l'ont été comparée à 1.646 patients contrôles s'étant présentés pour le même motif à 4 périodes différentes (mars-avril 2018, janvier-février 2019, mars-avril 2019, janvier-février 2020).

En comparaison de toutes les autres périodes, les patients s'étant présentés pendant la crise avaient des niveaux initiaux de troponine cardiaque -marqueur de lésion myocardique- significativement plus faibles (0,18 ng/ml contre 0,21 à 0,40 ng/ml) ainsi qu'un pic de troponine médian plus bas (0,30 ng/ml contre 1,02 à 1,80 ng/ml)

Une augmentation significative de l'incidence des cardiomyopathies de stress a été observée durant la période du Covid-19, avec 20 patients atteints (proportion de l'incidence 7,8%), comparé à 5 à 12 patients durant les périodes précédentes (soit une proportion d'incidence de 1,5 à 1,8%), soit un taux 4,6 fois plus fort.

Les patients qui présentaient une cardiomyopathie de stress pendant la période de la pandémie étaient hospitalisés plus longtemps (8 jours, contre 4 ou 5 jours dans les 4 périodes précédentes).
Aucune différence significative n'a été relevé entre les périodes pré-pandémiques et pandémiques quant aux taux de mortalité (5% vs 3,6% pour la période prépandémique) ou de réhospitalisation à 30 jours (22,2% contre 21,4% respectivement).

En outre, tous les patients admis pendant la crise sanitaire se sont révélés négatifs au Covid-19 au test RT-PCR, suggérant que les cardiomyopathies n'avaient aucun lien avec une infection au Sars-Cov-2.

Les auteurs rappellent que l'association entre les cardiomyopathies de stress et l'augmentation des niveaux de stress et d'anxiété a été établie depuis longtemps. Ils estiment que c'est le stress psychologique, social et économique qui a accompagné la pandémie, plutôt qu'un effet viral direct ou une séquelle de l'infection, qui serait associé à l'augmentation de ces cas de cardiomyopathies de stress, comme cela est suggéré par les résultats négatifs des RT-PCR

Source: APMnews

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