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L'aspirine associée à une baisse des événements cardiovasculaires mais non significative chez les insuffisants rénaux chroniques
Publié le vendredi 6 novembre 2026
L'incidence des événements cardiovasculaires est réduite chez des patients atteints de maladie rénale chronique prenant de l'aspirine, mais pas de manière significative sur le plan statistique par rapport à ceux qui n'en prennent pas, selon les résultats d'un essai clinique britannique présentés à la Kidney Week 2026, le congrès de l'American Society of Nephrology (ASN).
La maladie rénale chronique, à tous ses stades, est fortement associée à un risque accru de maladies cardiovasculaires. La majorité des patients ne bénéficient ni d'une dialyse ni d'une greffe rénale car ils décèdent avant d'une maladie cardiovasculaire, rappellent le Pr Hugh Gallagher des Epsom and Saint Helier University Hospitals NHS Trust à Carshalton et ses collègues dans le résumé de leur communication, présentée en session orale High-Impact Clinical Trials.
Ils se sont intéressés à l'aspirine en prévention primaire chez ces patients alors qu'en population générale, elle réduit bien le risque d'événements athérosclérotiques mais augmente le risque hémorragique.
Pour mieux apprécier l'intérêt de l'aspirine chez les insuffisants rénaux chroniques, les chercheurs ont mené un essai clinique pragmatique, recrutant dans les cabinets de médecine générale à travers le Royaume-Uni un total de 4.633 patients avec une maladie rénale chronique à différents stades et alors sans maladie cardiovasculaire.
Dans cette étude dite ATTACK, ils ont été randomisés en ouvert en deux groupes, avec l'ajout ou non d'aspirine à 75 mg/j à la prise en charge habituelle.
Au cours d'un suivi de 3,1 ans en moyenne, un premier événement cardiovasculaire majeur est survenu :
- soit un infarctus du myocarde non fatal,
- soit un accident vasculaire cérébral (AVC) non fatal,
- soit un décès cardiovasculaire (sauf hémorragie), chez respectivement 2,4 % et 3,3 % des patients,
- soit une réduction du risque cardiovasculaire de 27 % mais non statistiquement significative.
Dans l'analyse des différentes composantes de ce critère principal, l'aspirine était associée à une réduction significative des AVC non fatals uniquement, de 49 %.
Les résultats pour les critères secondaires étaient similaires, notamment la mortalité toutes causes, de 5,4 % parmi les patients prenant de l'aspirine et de 4,9 % dans le groupe contrôle. Le risque hémorragique était également sans différence significative entre les deux groupes.
Globalement, cette étude ne permet pas de conclure sur l'effet de l'aspirine en prévention primaire des événements cardiovasculaires chez les patients atteints de maladie rénale chronique.
La réduction cliniquement importante de 27 % des événements cardiovasculaires n'était pas statistiquement significative, possiblement en raison d'une puissance insuffisante puisque l'essai devait initialement inclure 25.000 patients. Lancé en 2019, il a été perturbé par la pandémie de Covid-19, expliquent les chercheurs.
Le résultat étant cependant compatible également avec une absence d'effet, d'autres études sont nécessaires avant de pouvoir recommander l'aspirine en routine pour la prévention primaire des événements cardiovasculaires chez les insuffisants rénaux chroniques, concluent-ils.
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