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Premières recommandations européennes sur les traitements médicamenteux de la MASH
Publié le jeudi 8 octobre 2026
L'European Association for the Study of the Liver (EASL), l'European Association for the Study of Diabetes (EASD) et l'European Association for the Study of Obesity (EASO) ont publié les premières recommandations européennes sur l'utilisation des traitements médicamenteux de la stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique (MASH), le resmétirom (Rezdiffra*, Madrigal Pharmaceuticals) et le sémaglutide (Wegovy* et Kayshild*, Novo), dans la revue Journal of Hepatology.
Le resmétirom est le premier traitement homologué dans la MASH de manière conditionnelle aux États-Unis en mars 2024 et en Europe en août 2025, pour les patients présentant une fibrose modérée à avancée (F2-F3), non cirrhotique. En France, il a obtenu une autorisation d'accès précoce dans la MASH pour les fibroses avancées (F3) le 12 février (cf dépêche du 12/02/2026 à 12:43 et dépêche du 11/09/2026 à 15:52).
Quant au sémaglutide, la Food and Drug Administration (FDA) lui a octroyé en août 2025 une extension d'autorisation de mise sur le marché (AMM) conditionnelle dans la MASH chez les adultes présentant une fibrose hépatique modérée à avancée, en association avec un régime alimentaire et de l'exercice physique (cf dépêche du 18/08/2025 à 11:45). En Europe, le comité des médicaments à usage humain (CMUH) s'est déclaré favorable, début 2026, à l'homologation du sémaglutide dans la MASH, sous le nom de marque Kayshild*, mais il n'est pas encore disponible en France dans cette indication (cf dépêche du 30/01/2026 à 15:27).
Ces recommandations des trois sociétés savantes européennes, sur la sélection des patients, l'initiation du traitement, sa surveillance et son arrêt, sont publiées quelques semaines après la parution de premières recommandations consensuelles sur l'utilisation de ces médicaments dans la MASH élaborées par un panel d'experts internationaux et publiées dans la revue Gut (cf dépêche du 14/09/2026 à 18:40). Les deux séries de recommandations sont très proches, note-t-on.
Pour l'EASL, l'EASD et l'EASO, les tests non invasifs de la fibrose hépatique peuvent se substituer à la biopsie hépatique pour identifier les patients présentant un risque élevé d'événements hépatiques indésirables majeurs (cirrhose, cancer du foie, transplantation hépatique…), chez lesquels un traitement pharmacologique peut être envisagé.
Ce traitement doit toujours être pris en plus et non à la place de mesures hygiéno-diététiques, qui restent la pierre angulaire de la prise en charge de la MASH, insistent-elles.
Elles fixent plusieurs valeurs seuils pour déterminer la fibrose modérée à avancée par les tests non invasifs : entre 10 et 20 kPa pour l'élastographie impulsionnelle contrôlée par vibrations (VCTE, technologie utilisée par Fibroscan* -Echosens-), entre 3,1 et 5 kPa pour l'élastographie par résonance magnétique (ERM) ou entre 9,8 et 11,3 pour le score ELF (Enhanced Liver Fibrosis).
Le resmétirom à privilégier en l'absence d'obésité
Le choix du traitement entre resmétirom (par voie orale) et sémaglutide (par voie sous-cutanée une fois par semaine) doit être individualisé en fonction des préférences du patient, des risques potentiels et du profil cardio-rénal-métabolique, notamment de la présence ou non d'une obésité, d'un diabète de type 2, d'une maladie cardiovasculaire ou d'une maladie rénale chronique.
Le sémaglutide, agoniste du récepteur du GLP-1, peut être privilégié chez les adultes présentant une obésité ou un diabète de type 2, ainsi qu'en cas de maladie cardiovasculaire établie ou de risque cardiovasculaire élevé, compte tenu de ses bénéfices cardiométaboliques.
Le resmétirom, agoniste du récepteur bêta des hormones thyroïdiennes (THR-β), qui agit sur le métabolisme lipidique hépatique et la fibrogenèse, peut en revanche être privilégié chez les patients sans obésité ou chez ceux recevant déjà un agoniste du GLP-1 pour une autre indication ou présentant une intolérance à cette classe thérapeutique, estiment les trois sociétés savantes.
Elles recommandent par ailleurs une surveillance structurée de la tolérance et de l'efficacité des traitements, notamment une évaluation de l'état nutritionnel et de la sarcopénie au cours du traitement par sémaglutide, ainsi que l'utilisation de tests non invasifs de la fibrose pour évaluer la réponse au traitement au long cours.
Une association des deux pas encore recommandée, mais possible dans certains cas
S'agissant de l'association des deux traitements, elles estiment que cela ne peut pas être recommandé actuellement en première intention contre la MASH. Néanmoins, chez les adultes remplissant les critères pour recevoir un médicament contre la MASH malgré un traitement stable par agoniste du récepteur du GLP-1, cet agoniste peut être remplacé par du sémaglutide à la dose de 2,4 mg une fois par semaine ou le resmétirom peut être ajouté.
Des études en cours évaluent l'efficacité à long terme de ces deux traitements pour réduire les événements hépatiques indésirables majeurs, rappellent-elles.
Chez les adultes présentant une cirrhose liée à la MASH, le resmétirom et le sémaglutide semblent sûrs, mais les sociétés savantes européennes recommandent de ne pas les utiliser comme traitements ciblant spécifiquement la MASH, dans l'attente de données supplémentaires démontrant un bénéfice sur les événements hépatiques.
(Journal of Hepatology, publication en ligne du 28 septembre)
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