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L'hypertension fréquente chez les personnes ayant eu une greffe hématopoïétique

Publié le jeudi 1 octobre 2026

Les personnes ayant eu une greffe allogénique de cellules souches hématopoïétiques ont fréquemment une hypertension, associée à une atteinte vasculaire subclinique et qui est fréquemment non traitée, montre une étude néerlandaise publiée par JACC Advances.

L'allogreffe de cellules souches permet à des patients d'avoir une survie à long terme, mais ceux-ci ont néanmoins une mortalité augmentée par rapport à la population générale, notamment une mortalité de cause cardiovasculaire, rappellent Wejdan Bin Obaid de l'université de Groningue et ses collègues.

Cela suggère l'intérêt de dépister et bien contrôler les facteurs de risque cardiovasculaires chez ces patients. Mais en pratique clinique, cette problématique semble plutôt passer au second plan.

Pour avoir une vision plus claire de ce problème, ils ont conduit une étude dans laquelle 168 patients ayant eu une greffe allogénique de cellules souches hématopoïétiques ont été étudiés.

L'hypertension était recherchée par mesure ambulatoire de la pression artérielle sur 24 heures. Des signes d'atteinte vasculaire ont été recherchés par mesure de l'épaisseur intima-media de la carotide par ultrasons, mesure de la vélocité de l'onde de pouls et mesure de la fonction rénale.
Une hypertension a été détectée chez 53,6 % des patients.

Parmi eux, il s'agissait d'une HTA qui n'avait pas été diagnostiquée dans plus d'un quart des cas, soit chez 15,5 % des patients de la cohorte. Les raisons de ce sous-diagnostic étaient notamment des profils anormaux de pression artérielle, qui conduisaient à ce que l'HTA ne soit pas détectée avec une mesure unique en consultation.

Et surtout, plus de la moitié des patients hypertendus, 56 sur 90, qui représentaient un tiers de toute la cohorte étudiée, n'étaient pas traités.

De plus, les patients présentant une hypertension avaient une épaisseur intima-media de la carotide plus importante, une vélocité de l'onde de pouls plus élevée et un débit de filtration glomérulaire diminué par rapport aux patients non hypertendus.

Chez les hypertendus, 41 % présentaient un profil non-dipper, c'est-à-dire que la pression artérielle ne diminuait pas la nuit, ce qui est connu pour avoir un effet défavorable sur le risque cardiovasculaire. Ces non-dippers avaient des atteintes vasculaires plus importantes que les autres.
Les auteurs ont recherché des facteurs de risque d'hypertension post-greffe hématopoïétique et n'en ont identifié que deux : l'âge et le fait d'avoir des antécédents familiaux de maladie cardiovasculaire ou de décès prématuré.

L'hypertension est donc fréquente après une greffe allogénique de cellules souches hématopoïétiques et elle est à la fois sous-diagnostiquée et insuffisamment traitée, alors qu'elle est associée à une détérioration vasculaire, constatent les chercheurs.

"Cette population bénéficierait d'un dépistage cardiovasculaire régulier et d'une surveillance à long terme après la greffe pour diminuer les complications cardiovasculaires", ajoutent-ils.


(JACC Advances, publication en ligne du 22 septembre)

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