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Le nombre de décès attribuables au tabagisme passif en hausse malgré une prévalence en baisse, avec un impact cardiovasculaire persistant
Publié le lundi 21 septembre 2026
La prévalence standardisée sur l'âge du tabagisme passif a baissé à l'échelle mondiale entre 1990 et 2023, mais le nombre absolu de personnes exposées stagne et celui des décès qui lui sont attribuables augmente, selon une étude publiée dans The Lancet Public Health.
Il s'agit de la première étude sur le tabagisme passif comme facteur de risque distinct à être menée dans le cadre du programme Global Burden of Disease (GBD), une évaluation actualisée chaque année pour quantifier la mortalité et la morbidité des maladies dans plus de 200 pays et territoires dans le monde.
Pour cette étude, Luisa Flor de l'université de Washington à Seattle et ses collègues ont mené une revue systématique de la littérature pour évaluer l'impact sanitaire du tabagisme passif en tenant compte des estimations de sa prévalence et des maladies qui lui sont attribuées entre 1990 et 2023.
Globalement, en 2023, le nombre de personnes exposées au tabagisme passif dans le monde est estimé à 2,71 milliards, dont 767 millions d'enfants de 0-14 ans, entraînant 1,66 million de décès (2,8 % de l'ensemble de la mortalité toutes causes dans le monde).
Le tabagisme passif continue également à contribuer de manière importante aux maladies cardiovasculaires et respiratoires, notamment chez l'enfant avec, à l'échelle mondiale, un total de 44,8 millions d'années de vie en bonne santé perdues à cause d'un décès prématuré ou des incapacités (DALYs).
Ces dernières étaient principalement liées aux cardiopathies ischémiques, suivies des infections respiratoires basses, de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et des accidents vasculaires cérébraux (AVC). Chez les enfants et adolescents, ce sont les infections respiratoires basses, l'asthme et les otites moyennes qui sont davantage impliquées dans les DALYs.
20,3 millions de personnes exposées en France en 2023
Par rapport à 1990, la prévalence standardisée sur l'âge a baissé de 22,2 %, mais cette amélioration apparaît insuffisante pour réduire le nombre absolu de personnes exposées, qui est resté globalement stable au niveau mondial et a bondi en Afrique subsaharienne (+98,5 %), en Afrique du Nord et au Moyen-Orient (+72,1 %), soulignent les auteurs.
En France en particulier, la population exposée au tabagisme passif est passée de 22,9 millions en 1990 à 20,3 millions en 2023, tous âges et sexes confondus, soit une prévalence passant de 42,9 % à 34,4 %, une tendance observée dans l'ensemble de l'Europe occidentale et l'Amérique du Nord notamment.
Le nombre de décès attribuables au tabagisme passif est passé en France de 8.500 à 6.500 pour l'ensemble de la population, soit un taux standardisé sur l'âge qui est passé de 10,1 décès pour 100.000 à 4,5 pour 100.000.
Le tabagisme passif était en outre responsable de 174.000 DALYs en 2023, contre 218.700 DALYs en 1990, soit un taux qui est passé de 297,7 pour 100.000 en 1990 à 157,9 pour 100.000 en 2023.
Ces résultats montrent que l'exposition au tabagisme passif continue de contribuer de manière importante et inéquitable au fardeau mondial des maladies et soulignent l'urgence d'accélérer la mise en œuvre et l'application de mesures complètes de lutte antitabac, notamment pour protéger les femmes et les enfants dans les espaces publics et domestiques, concluent les auteurs.
(The Lancet Public Health, publication en ligne du 7 septembre)
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