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Le "jet lag alimentaire" associé à un surrisque cardiovasculaire chez les hommes (étude française)
Publié le vendredi 18 septembre 2026
Un décalage des heures de repas quotidiens entre la semaine et le week-end est associé à une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires chez les hommes, mais pas chez les femmes, selon une analyse de la cohorte française NutriNet-Santé publiée dans Communications Medicine.
Qualifié de "jet lag alimentaire", ce décalage est souvent causé par les horaires de travail, qui contraignent certaines personnes à modifier leurs heures de repas la semaine par rapport à leurs habitudes durant le week-end.
"Nous avions suggéré il y a quelques années que des prises alimentaires tardives étaient associées à une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires", rappelle Bernard Srour de l'université Paris-Cité, directeur de l'étude, dans un communiqué diffusé mardi par l'Inserm.
"Cette nouvelle étude suggère qu'au-delà des prises tardives, la régularité des rythmes alimentaires entre les jours de semaine et le week-end paraît tout aussi importante."
Selon cette étude, le jet lag alimentaire est associé à une augmentation significative du risque de maladies cardiovasculaires (incluant accident vasculaire cérébral, accident ischémique transitoire, infarctus, angor, syndrome coronarien aigu et angioplastie) de 14 % chez les hommes.
Un surrisque de 21 % de maladies coronariennes est également associé au jet lag alimentaire chez les hommes.
De telles associations ne sont pas observées chez les femmes. Aucun surrisque de maladies cérébrovasculaires n'est non plus mesuré chez les hommes.
Risque encore plus élévé en mangeant plus tôt le week-end que la semaine
Chez les hommes, le surrisque de maladies cardiovasculaires monte notamment jusqu'à 44 % en cas de jet lag avec "avance", c'est-à-dire quand les repas du week-end sont pris au moins une heure avant ceux de la semaine. Leur risque de maladies coronariennes est également augmenté de 68 %.
Pour ceux avec un jet lag avec "retard", il y a seulement un surrisque de maladies coronariennes, à hauteur de 36 %.
Cette étude a été conduite à partir des données d'environ 105.000 participants à la cohorte NutriNet-Santé, âgés de 42,7 ans en moyenne et comprenant une majorité de femmes (79 %).
La majorité des participants (71 %) ne présentait pas de jet lag alimentaire, tandis qu'environ un quart (24,2 %) avait un jet lag avec retard, plus fréquent chez les jeunes et les célibataires, et près de 5 % un jet lag avec avance, notamment les hommes, les personnes sans emploi et celles avec un faible niveau d'étude.
En moyenne, les hommes avec un jet lag avec avance mangent le week-end une heure plus tôt le matin, deux heures plus tôt le midi et trois heures plus tôt le soir, par rapport à la semaine. À l'inverse, ceux avec un jet lag avec retard mangent le week-end deux heures plus tard le matin et le midi et une heure plus tard le soir que la semaine.
Les associations faites sont indépendantes la qualité du régime alimentaire, de l'heure du coucher, de la durée totale de sommeil et du "jet lag social" (c'est-à-dire le décalage des heures d'éveil et de sommeil entre les jours de travail et les jours de repos).
"Si nos résultats sont confirmés par d'autres études, l'horaire et la régularité des repas pourraient constituer un axe important pour les interventions visant à réduire le risque de maladies chroniques et à alléger le fardeau que celles-ci représentent pour la santé publique", estiment les auteurs en conclusion.
(Communications Medicine, publication en ligne du 1ᵉʳ septembre)
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