2 minutes de lecture
La déprescription des statines pourrait être envisagée chez les personnes âgées sans antécédent cardiovasculaire
Publié le mercredi 18 mars 2026
L'interruption des statines utilisées en prévention primaire chez les personnes de 80 ans et plus ne semble pas associée à une augmentation du risque d'évènement cardiovasculaire majeur ni de décès, selon une étude française présentée au congrès Evaluation, management, organisation, information, santé (Emois), qui s'est tenu du 11 au 13 mars à Saint-Malo.
L'effet des statines en prévention cardiovasculaire chez les personnes âgées est moins bien déterminé que dans la population générale, mais des études précédentes ont montré une augmentation de la mortalité et des évènements indésirables en cas d'interruption des statines.
Mathieu Chalouni de l'université de Bordeaux et ses collègues ont cherché à estimer l'effet de l'interruption du traitement par statine utilisé en prévention primaire chez les personnes âgées, sur le risque d'évènements cardiovasculaires et la mortalité, en réalisant une émulation d'essai cible à partir des données du système national des données de santé (SNDS).
Y ont été incluses les personnes âgées de 80 ans et plus en 2017, sous traitement par statine depuis au moins cinq ans et sans antécédent d'évènement cardiovasculaire, de cancer ou de trouble cognitif. Elles ont été suivies jusqu'à deux ans à partir de l'inclusion.
Au total, 535.813 personnes ayant interrompu les statines au moment de l'inclusion ont été comparées à 1,38 million de personnes ayant poursuivi le traitement par statines. L'âge médian était de 84 ans dans les deux groupes.
A deux ans, le taux d'évènements cardiovasculaires majeurs était de 3,3% dans le groupe ayant interrompu les statines contre 3,7% dans le groupe ayant poursuivi le traitement, soit un risque significativement réduit de 13%, selon les résultats rapportés dans le diaporama présenté en session.
Le risque d'évènement ou de mortalité cardiovasculaire était également en faveur de l'interruption des statines (3,6% contre 4,2%), réduit de 14%.
La mortalité de toute cause en revanche n'était pas significativement différente entre les deux groupes, avec un taux de 4,7% dans chacun des groupes.
Plusieurs limites sont à considérer dans cette étude, comme l'absence de prise en compte de certains facteurs de confusion importants, le fait que les résultats principaux soient basés sur une période "ancienne" ou encore un biais de classification des patients lié à la définition stricte de l'intervention (interruption/poursuite des statines), est-il souligné, ce qui appelle à la prudence dans l'interprétation des résultats.
Cela suggère que l'interruption des statines chez les personnes âgées sans antécédent de maladie cardiovasculaire pourrait être intégrée dans les recommandations. D'autres bénéfices peuvent être attendus de la déprescription des statines dans cette population, comme la réduction de la polymédication et l'amélioration de la qualité de vie, concluent les auteurs.
Dans la même thématique
Articles les plus lus
La grande majorité des effets secondaires supposés des statines n'existent pas (méta-analyse)
Publié le 13 février 2026
Le nébivolol dans l'HTA semble associé à plus de bénéfices cliniques que les autres bêta-bloquants
Publié le mercredi 25 février 2026
Après un épisode hémorragique sous AOD, mieux vaut rester/passer sous apixaban
Publié le jeudi 26 février 2026
La montre connectée encore trop imprécise pour un dépistage généralisé de l'hypertension
Publié le jeudi 19 février 2026
Près de 8.400 hospitalisations cardiovasculaires et rénales seraient évitées en France grâce à la limitation du sel dans le pain
Publié le jeudi 5 mars 2026
