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Le bicarbonate de sodium n'améliore pas les conséquences d'un arrêt cardiaque intrahospitalier

Publié le mercredi 17 juin 2026

L'administration en routine du bicarbonate de sodium dans la prise en charge de l'arrêt cardiaque intrahospitalier ne semble pas justifiée, selon une étude randomisée ne montrant pas de meilleurs résultats par rapport à un placebo en matière de retour à une circulation spontanée, de survie et de séquelles neurologiques, présentée au congrès Critical Care Reviews 2026 à Belfast et publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).

Malgré des recommandations internationales à l'encontre de son utilisation systématique étant donné le manque de preuves, le bicarbonate de sodium est couramment administré lors des arrêts cardiaques intra-hospitaliers, dans le but d'atténuer les effets délétères de l'acidose sévère, rappellent Asger Granfeldt de l'hôpital universitaire d'Aarhus (Danemark) et ses collègues. Mais dans l'essai BIHCA, aucun bénéfice n'a été observé.

Cet essai a inclus 779 patients pris en charge pour un arrêt cardiaque extrahospitalier, ayant reçu au moins une dose d'épinéphrine, randomisés en double aveugle entre l'administration dès que possible après l'épinéphrine d'une à deux doses (100 mmol maximum au total) de bicarbonate de sodium ou de placebo par voie intraveineuse.

Le retour à une circulation spontanée durable, critère principal de jugement, a été obtenu chez 39 % des patients sous bicarbonate de sodium contre 37% des patients sous placebo, sans différence statistiquement significative.

Les critères d'évaluation secondaires n'étaient pas significativement différents non plus: le taux de survie à 30 jours était respectivement de 12 % contre 9,1 % et le taux de survie avec un état neurologique favorable à 30 jours de 8,1 % contre 5,4 %.

Il y a eu davantage d'alcaloses et d'hypernatrémies dans le groupe bicarbonate de sodium.

"Ces résultats ne soutiennent pas l'administration en routine de bicarbonate de sodium chez les patients faisant un arrêt cardiaque extrahospitalier", concluent les auteurs.

Toutefois, il semble peu probable que cet essai change les pratiques et réduise le recours au bicarbonate de sodium, estime Clifton Callaway de la faculté de médecine de Pittsburgh (Pennsylvanie) dans un éditorial accompagnant l'article. Il explique que de nombreux médecins considèrent intuitivement ce médicament, entré dans la pratique dans les années 1960, comme utile.

"Plutôt que des recommandations renforcées, les médecins demanderont davantage d'extrapolation des effets du traitement individuel pour modifier leurs pratiques." Et même si les analyses ne permettent pas d'identifier un sous-groupe de patients tirant un bénéfice du bicarbonate de sodium, "les médecins n'arrêteront toujours pas de l'utiliser", car au pire, les résultats neutres de cet essai montrent que le bicarbonate de soude n'est pas délétère.

(JAMA, publication en ligne du 11 juin et éditorial)

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