Fibrillation atriale: la réduction intensive de la pression artérielle sans bénéfice vasculaire préventif

Publié le jeudi 14 mai 2026

Une réduction intensive de la pression artérielle systolique chez des patients avec une fibrillation atriale n'a pas permis de réduire le risque d'événements cardio et cérébrovasculaires par rapport à la stratégie habituelle, selon des résultats présentés au congrès de l'European Stroke Organisation (ESO), à Maastricht.

Les patients avec une fibrillation atriale présentent un risque accru d'accident vasculaire cérébral (AVC), d'insuffisance cardiaque et de décès de cause cardiovasculaire. Le contrôle de la pression artérielle systolique joue un rôle essentiel, mais le bénéfice potentiel d'une réduction plus intensive que celle actuellement recommandée reste incertain, rappellent le Pr Craig Anderson de l'University of New South Wales à Sydney et ses collègues, dans un communiqué de la société savante.

Dans cet essai dit CRAFT, 1.676 patients ont été inclus en Chine et au Japon, atteints d'une fibrillation atriale paroxystique ou persistante et présentant au moins un autre facteur cardiovasculaire (antécédents d'AVC, d'embolie systémique, diabète de type 2, coronaropathie, artériopathie périphérique…).

Ils ont été randomisés entre :

  • un traitement intensif visant une pression artérielle systolique inférieure à 120 mm Hg en automesure
  • un traitement classique ciblant un maximum de 135 mm Hg.

À l’issue d'un suivi de 2,5 ans en moyenne, les patients présentaient une différence de pression artérielle systolique de 8,3 mm Hg.

Au cours du suivi, sont survenus, parmi les patients avec un traitement intensif et le traitement habituel, un total de 27 et 33 décès cardiovasculaires respectivement, de 70 et 54 cas d'AVC, de 16 et quatre cas d'infarctus du myocarde et de 104 et 137 hospitalisations pour insuffisance cardiaque.

L'analyse des données montre que le score composite des événements cardiovasculaires était non significativement différent entre les deux groupes, tout comme l'analyse du délai de survenue du premier événement cardiovasculaire.

L'incidence des événements indésirables graves était également similaire entre les deux groupes.
L'analyse par sous-groupes suggère toutefois que la réduction intensive de la pression artérielle chez les patients avec une fibrillation atriale semble bénéfique chez les plus jeunes et chez les hommes.

Ces résultats doivent à présent être confirmés pour envisager une approche plus personnalisée, concluent les chercheurs.

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