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Fibrillation atriale : l'ablation des zones de bas voltage augmenterait le risque d'insuffisance cardiaque

Publié le jeudi 15 octobre 2026

Chez les patients présentant une fibrillation atriale (FA), l'ablation des zones de bas voltage serait associée à une augmentation du risque d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque, suggère une étude japonaise sur un petit nombre de patients, dans le JACC : Clinical Electrophysiology.

L'ablation de la FA est réalisée principalement par isolation des veines pulmonaires, mais une proportion significative de patients ont des difficultés à rester en rythme sinusal. Pour tenter d'améliorer les résultats, des ablations additionnelles sont évaluées, dans d'autres parties de l'atrium gauche pouvant participer à la persistance d'une activité électrique anormale. Parmi ces stratégies, il y a l'ablation des zones de bas voltage.

Mais il a aussi été supposé que la création de lésions trop étendues dans l'atrium pourrait en altérer la fonction et avoir des conséquences cliniques, expliquent Mizuki Ochi et ses collègues de l'hôpital d'Amagasaki (Japon).

Pour savoir s'il y a un risque, ils ont analysé les données de suivi d'une cohorte de patients de l'étude VOLCANO-AF qui évaluait l'intérêt d'une ablation des zones de bas voltage.

Ils ont comparé trois groupes :

  • 336 patients qui ne présentaient pas de zone de bas voltage,
  • 30 qui présentaient des zones de bas voltage et ces zones ont été traitées par ablation,
  • 32 qui présentaient des zones de bas voltage, mais ces zones n'ont pas été traitées.

Tous les patients avaient eu avant une ablation classique par isolation des veines pulmonaires.

Après un suivi pouvant aller jusqu'à sept ans, alors que les patients sans zone de bas voltage n'ont eu des hospitalisations pour insuffisance cardiaque que dans 3 % des cas, ce risque montait à 6 % en cas de zones de bas voltage, mais sans traitement de celles-ci. Et surtout, en cas de traitement de ces zones, 30 % des patients ont eu des hospitalisations pour insuffisance cardiaque.

Par ailleurs, le risque de décès était de 4 % chez les contrôles, 9 % en cas de zones de bas voltage non traitées et 10 % en cas de zones de bas voltage traitées.

Le traitement des zones de bas voltage a augmenté les chances d'être en rythme sinusal : c'était le cas de 90 % des patients, contre 78 % en absence de traitement (mais cela reste inférieur au 99 % de rythme sinusal chez les contrôles, note-t-on).

Ces résultats ont été obtenus sur un nombre limité de patients et nécessitent une confirmation, mais ils suggèrent la prudence sur cette pratique d'ablation élargie.

(JACC : Clinical Electrophysiology, publication en ligne du 8 octobre)

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