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Des pacemakers identifiables à distance, jusqu'à 90 mètres
Publié le mardi 22 septembre 2026
Les stimulateurs cardiaques équipés de systèmes Bluetooth émettent des informations qui peuvent être captées jusqu'à une distance de 90 mètres, posant des questions de confidentialité, voire de cybersécurité, mettent en garde des chercheurs américains dans JAMA Cardiology.
Les pacemakers sont conçus pour transmettre des informations sur leur fonctionnement à un récepteur au chevet du patient, donc à proximité. Les fabricants affirment que cette communication sans fil peut se faire jusqu'à environ 3 mètres. Daniel Kramer du Beth Israel Deaconess Medical Center à Boston et ses collègues se sont demandé si l'on pouvait capter ces émissions à des distances plus importantes.
Leur réflexion part notamment d'un fait divers qui a été très médiatisé aux États-Unis. En février 2026, une vieille dame de Tucson (Arizona), Nancy Guthrie, a été enlevée. Elle portait un pacemaker et l'hypothèse a été avancée qu'on pourrait la retrouver via les émissions de son appareil implanté (ce qui n'a pas été le cas).
Pour en savoir plus sur la distance d'émission d'un pacemaker, ils ont fait des expériences, hors de l'hôpital et avec des appareils non implantés. Trois pacemakers Medtronic Azure XT DR MRI SureScan* ont été posés à une distance grandissante (de 40 à 120 m) d'une antenne parabolique.
L'expérience montre d'une part que toutes les trois minutes, ces appareils émettent un signal captable à distance, avec un identifiant unique qui permettrait de savoir qui est le patient implanté.
D'autre part, le signal, bien que diminuant progressivement, a été clairement détecté jusqu'à une distance de 90 m, et même occasionnellement à 100 ou 120 m.
Les chercheurs mentionnent même une occasion où le pacemaker a été détecté à 250 m, mais restent prudents, soulignant que s'il était implanté, les tissus du patient diminueraient la propagation du signal.
"Nos résultats suggèrent qu'il est techniquement faisable d'observer à la fois la présence d'un dispositif médical implantable et un patient spécifique porteur du dispositif, hors d'un contexte clinique", commentent les auteurs.
Cela soulève "des questions de confidentialité et de cybersécurité".
Ils pointent quelques limites de leur étude, à commencer par le fait qu'ils ont testé un seul modèle de stimulateur cardiaque et qu'il s'agit d'une situation particulière ne correspondant pas à la situation d'un patient implanté. Néanmoins, ils s'inquiètent de la possibilité de pister à une certaine distance une personne grâce à ces émissions par l'appareil à des distances supérieures à ce qui est prévu.
Ils notent que certains appareils n'émettent pas par Bluetooth mais par un système à basse fréquence spécialement prévu pour cela, de type Medical Implant Communication Service (MICS), qui n'est pas universel et nécessite un protocole de communication conçu par le fabricant. Cela limite les risques mais en théorie, le même type de questions de sécurité pourrait tout de même se poser.
(JAMA Cardiology, publication en ligne du 16 septembre)
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