2 minutes de lecture
Apnées du sommeil : moins d'événements cardiovasculaires et de décès grâce à une meilleure observance thérapeutique
Publié le vendredi 11 septembre 2026
Chez les patients traités par pression positive continue (PPC) pour des apnées obstructives du sommeil, une plus grande observance thérapeutique est associée à un risque réduit d'événements cardiovasculaires et de décès, selon une étude française "late-breaking" présentée au congrès de l'European Respiratory Society (ERS), à Barcelone et en ligne.
Les apnées obstructives du sommeil augmentent le risque cardiovasculaire et la mortalité, mais les données sur un éventuel effet protecteur de la PPC restent contradictoires, a rappelé le Pr Jean-Louis Pépin du CHU de Grenoble en session orale.
Les essais cliniques randomisés tendent à donner des résultats négatifs, mais ils portent souvent sur de petites cohortes et des patients moins symptomatiques, tandis que les études observationnelles aux résultats positifs sont de plus grande taille, mais davantage susceptibles de comporter notamment des facteurs de confusion résiduels.
Dans les deux cas, les données suggèrent que les risques d'événements cardiovasculaires majeurs et de décès diminuent en augmentant la durée d'utilisation de la PPC.
Dans cette étude, le Pr Pépin et ses collègues ont évalué les bénéfices potentiels de l'observance thérapeutique de la PPC grâce aux données d'usage recueillies par télésuivi.
Dans le système national des données de santé (SNDS), ils ont identifié 313.764 patients commençant un traitement par PPC entre janvier 2018 et décembre 2020, avec des données issues du télésuivi assuré par trois prestataires de santé à domicile.
À partir de ces dernières, les chercheurs ont modélisé l'observance thérapeutique de la PPC au fil des mois.
L'analyse avec l'observance comme variable continue dépendante du temps montre que chaque heure supplémentaire d'utilisation de la PPC est associée de manière significative sur le plan statistique à une réduction moyenne de 13 % de la mortalité de toutes causes.
Cette baisse, qui commence dès une utilisation de deux à quatre heures par nuit, est de 46 % du risque de décès de toutes causes par rapport à une utilisation de moins de deux heures. Elle est de 64 % avec une utilisation de quatre à cinq heures et de 73 % pour cinq à six heures. Le bénéfice reste ensuite globalement similaire pour un usage au-delà de six heures par nuit (de 62-68 %).
Réduction du risque de fibrillation atriale à partir de quatre heures d'utilisation de la PPC par nuit
En ajoutant les événements cardiovasculaires majeurs au risque de décès, la tendance est similaire, avec une réduction qui devient significative à partir de quatre heures d'utilisation de la PPC par nuit.
Les chercheurs ont examiné ensuite les effets de l'observance thérapeutique sur les différents événements cardiovasculaires, constatant une réduction significative du risque de fibrillation atriale à partir de quatre heures par nuit d'utilisation de la PPC (-31 % pour quatre-cinq heures, jusqu'à -48 % pour au moins huit heures).
Pour les risques d'insuffisance cardiaque et d'accident vasculaire cérébral (AVC), il fallait une utilisation d'au moins cinq heures par nuit pour observer une baisse significative.
En revanche, l'observance thérapeutique semblait sans effet sur le risque de maladie coronarienne.
Contrairement à de précédents travaux avec des définitions hétérogènes de l'observance thérapeutique, cette étude permet d'objectiver l'utilisation de la PPC grâce au télésuivi, et ces données en vie réelle montrent globalement une diminution dose-dépendante de la mortalité de toutes causes et des événements cardiovasculaires majeurs avec une plus grande observance de la PPC.
D'autres études restent nécessaires puisque ces données médico-administratives ne permettent pas de connaître la sévérité des apnées, d'avoir des informations sur d'autres facteurs potentiels de confusion (niveau d'activité physique, consommation d'alcool, etc.), a fait observer le chercheur.
Dans la même thématique
Articles les plus lus
La vape semble avoir des effets sur le système cardiorespiratoire et la cancérogenèse (Anses)
Publié le 6 février 2026
De nouvelles pistes de traitement pour les dyslipidémies au congrès de l'ESC
Publié le jeudi 3 septembre 2026
La déprescription des statines pourrait être envisagée chez les personnes âgées sans antécédent cardiovasculaire
Publié le mercredi 18 mars 2026
Prévention cardio-neuro-vasculaire : la proposition de loi "Neuder" définitivement adoptée
Publié le mercredi 29 juillet 2026
Le risque de thrombo-embolie artérielle associée au cancer très variable selon les localisations
Publié le jeudi 30 juillet 2026
