Hématome sous-dural chronique : bénéfices de l'embolisation de l'artère méningée moyenne avec de la colle biologique

Publié le jeudi 9 juillet 2026

L'embolisation de l'artère méningée moyenne avec de la colle biologique à base de cyanoacrylate de n-butyle (Trufill*, Johnson & Johnson MedTech) chez des patients présentant un hématome sous-dural chronique a significativement réduit le taux de récurrence de l'hématome et de réintervention chirurgicale, selon un essai randomisé et contrôlé publié dans JAMA Neurology.

Le traitement standard de l'hématome sous-dural chronique symptomatique, qui implique historiquement une intervention chirurgicale avec la réalisation d'un drainage, est associé à un taux de récidive pouvant atteindre 30 %, rappellent Christopher Kellner de l'Icahn School of Medicine at Mount Sinai à New York et ses collègues.

Plus récemment, l'embolisation de l'artère méningée moyenne, qui vise à limiter l'apport vasculaire au niveau des membranes méningées, a fait l'objet d'un intérêt croissant dans la prise en charge de l'hématome sous-dural, que ce soit en ajout de la chirurgie ou en traitement de première ligne lorsque la chirurgie n'est pas requise.

Du fait de son adoption rapide ces dernières années et de l'accumulation des données relatives à son efficacité, l'embolisation pourrait devenir la principale procédure neurovasculaire à être exécutée dans le futur, pointent les chercheurs.

Dans cet essai multicentrique MEMBRANE financé par Johnson & Johnson MedTech, ils ont eu pour objectif de tester si la colle biologique Trufill*, qui est indiquée dans l'embolisation préchirurgicale des malformations artérioveineuses cérébrales, pouvait convenir pour l'embolisation de l'artère méningée moyenne en cas d'hématome sous-dural chronique.

Ils ont testé son efficacité et sa sécurité en ouvert, en ajout d'une prise en charge standard et en comparaison de celle-ci, chez 376 patients recrutés entre mai 2021 et février 2024 dans 30 hôpitaux (28 aux États-Unis et deux en Chine) et randomisés à parts égales entre les deux bras.

Pour être inclus, ils devaient être âgés entre 18 et 90 ans et présenter un score de Rankin modifié (mRS) de 3 points ou moins. L'âge moyen était de 70 ans et environ un quart étaient des femmes.

Le critère d'efficacité principal reposait sur l'observation d'un hématome sous-dural de plus de 10 mm ou nécessitant une nouvelle intervention chirurgicale au cours des six mois suivant l'inclusion, ce qui a été le cas pour 11,6 % des participants du bras "colle biologique" et pour 22 % de ceux du bras contrôle. Le bénéfice de l'embolisation sur ce critère était statistiquement significatif, avec une baisse du risque estimée à 47 %.

Le taux d'effets indésirables était de 72 % dans le groupe "colle biologique" et de 65 % dans le groupe contrôle. L'analyse du score mRS à trois mois a par ailleurs permis de mettre en évidence la non-infériorité de l'ajout de l'embolisation par rapport à la seule prise en charge standard.

Les chercheurs concluent au fait que "cette procédure a permis de réduire de façon significative le taux de récurrence de l'hématome et de réintervention chirurgicale, sans conduire à une hausse significative des effets indésirables".

(JAMA Neurology, publication en ligne du 15 juin)

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