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Hypercholestérolémie: la mise en place de l'accord préalable a permis de réguler la prescription des anti-PCSK9 (analyse du SNDS)
Publié le jeudi 26 mars 2026
Après leur mise sur le marché, les prescriptions d'hypocholestérolémiants de la classe des anti-PCSK9 ont démarré de façon très limitée puis ont rapidement augmenté, mais la mise en place d'une procédure de demande d'accord préalable au remboursement a permis de limiter les prescriptions inappropriées et de limiter l'envol de ces médicaments, montre une étude française fondée sur les données du système national des données de santé (SNDS).
Cette étude du centre Drugs-Safer (université et CHU de Bordeaux, Inserm) est publiée par la revue Scientific Reports.
Elle porte sur des données relativement anciennes puisque cela concerne la période 2018-2021, mais elle présente l'intérêt d'inclure la période où a été mise en place la procédure de demande d'accord préalable au remboursement (cf dépêche du 10/12/2020 à 10:45).
L'équipe, dirigée par Julien Bezin, a ainsi pu analyser les prescriptions d'anti-PCSK9 pour 6.891 patients, dont 2.082 mis sous alirocumab (Praluent*, Sanofi et Regeneron) et 4.809 sous évolocumab (Repatha*, Amgen).
Les prescriptions ont été très limitées de début 2018 à juillet 2020. Puis, après l'obtention de l'indication pour le traitement de la maladie cardiovasculaire athérosclérotique, une forte augmentation a été observée, passant (de façon approximative, au vu des courbes présentées) de moins de 0,1 prescription pour 100.000 personnes en juillet 2020 à plus de 0,7 pour 100.000 en décembre. Mais immédiatement après la mise en place de l'accord préalable, les nouvelles initiations de traitement sont retombées à moins de 0,3/100.000. Il y a ensuite eu une remontée, plus progressive.
Ce frein après la mise en place de l'accord préalable suggère que certains patients mis sous anti-PCSK9 avant cette procédure ne correspondaient pas aux indications remboursées, note-t-on.
En matière de prévalence de l'utilisation de ces médicaments, les auteurs notent que l'on est actuellement autour de neuf patients traités pour 100.000 personnes.
Commentant cette évolution des initiations de traitement, les auteurs estiment que c'est "en faveur de l'efficacité de la procédure de régulation du remboursement, dont a résulté une meilleure utilisation".
Les chercheurs bordelais ont ensuite analysé les caractéristiques des patients ayant commencé un traitement par anti-PCSK9 dans la période étudiée. Ils montrent que 63,7% des patients présentaient des caractéristiques de très haut risque cardiovasculaire, correspondant à l'objectif d'utilisation de ces médicaments. Il y avait toutefois environ un tiers de patients à risque faible ou modéré (mais seulement 3,2% à risque faible).
Quant aux médicaments hypolipémiants que prenaient les patients avant leur mise sous anti-PCSK9, si 71,7% étaient déjà sous traitement de haute intensité -suggérant qu'il s'agissait de cas difficiles à traiter et nécessitant encore une intensification-, plus de 20% avaient un traitement d'intensité légère ou modérée et, de façon étonnante, il y avait même 7,8% de patients sans traitement hypolipémiant au moment de l'initiation de l'anti-PCSK9.
Ces derniers ont plus fréquemment arrêté le traitement dans les six mois suivant l'initiation, notent les auteurs.
(Scientific Reports, publication en ligne du 3 mars)
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