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Un grand nombre de morts subites cardiaques liées à des maladies cardiaques non diagnostiquées

Publié le mercredi 6 mai 2026

Un grand nombre de morts subites cardiaques sont liées à des maladies cardiaques non diagnostiquées, ce qui suggère que des progrès importants en prévention de la mort subite pourraient être faits en détectant ces personnes à risque et en établissant des stratégies de prévention, selon les auteurs d'une étude basée sur des autopsies, publiée par le Journal of the American College of Cardiology (JACC).

Les causes des morts subites cardiaques restent insuffisamment connues. On considère généralement que la maladie coronaire est la cause principale, avec des études anciennes estimant que jusqu'à 80 % des morts subites cardiaques seraient liées à un infarctus du myocarde; viennent ensuite des maladies structurales comme les cardiomyopathies dilatées ou hypertrophiques.

Mais malgré une amélioration de la prise en charge de ces pathologies, le nombre de morts subites cardiaques reste élevé, suggérant qu'il y a d'autres facteurs de risque qui restent méconnus et ne font donc pas l'objet de mesures préventives, estiment James Salazar de l'université de San Francisco et ses collègues.

Le problème est que l'évaluation de la cause des morts subites est essentiellement basée sur la connaissance des antécédents des personnes décédées. Ils ont considéré que la meilleure méthode était de réaliser des autopsies pour étudier l'état du cœur.

Ils ont donc conduit l'étude POST SCD (POstmortem Systematic invesTigation of Sudden Cardiac Death) dans laquelle 877 morts subites cardiaques présumées ont été autopsiées.

D'abord, 42 % des cas n'étaient pas des décès de cause arythmique. Il s'agissait principalement d'overdoses non diagnostiquées comme telles et de causes neurologiques.

Une maladie cardiaque non connue dans deux tiers des cas

Dans l'analyse des 513 morts subites de cause arythmiques (représentant donc 58 % du total), seulement un tiers (32 %) présentaient un facteur de risque connu: antécédent d'infarctus, insuffisance cardiaque, fraction d'éjection inférieure à 35 %, syncope.

Mais les autres cas avaient aussi des pathologies cardiaques. Les chercheurs ont constaté que dans 31 % des cas, il y avait un infarctus ou une cardiomyopathie dilatée "occultes", c'est-à-dire non connus.

Enfin, dans 36 % des cas de morts subites considérées comme de cause arythmique, il y avait "moins de pathologies cardiaques" mais, tout de même, ces personnes présentaient "un poids du cœur augmenté, un diamètre du ventricule gauche large et fréquemment une atteinte coronaire significative".

En particulier, une comparaison avec des personnes décédées de cause traumatique, prises comme contrôles, montre qu'une atteinte coronaire était présente quatre fois plus souvent dans ces décès arythmiques sans cause cardiaque connue, que dans les décès traumatiques.

Moins de 1 % des personnes décédées de cause arythmique avaient un cœur normal.

Ainsi, la quasi-totalité des morts subites arythmiques sont liées à une pathologie cardiaque, mais dans les deux tiers des cas, celle-ci est "silencieuse", non détectée avant le décès. Il y a donc un intérêt à rechercher ces personnes à risque car actuellement, seules les personnes ayant une pathologie cardiaque connue font l'objet de mesures de prévention, notamment l'implantation d'un défibrillateur, commentent les chercheurs.

Mais toute la question est de savoir comment identifier ces personnes asymptomatiques, mais à risque. Dans le passé, des études de dépistage de personnes à risque cardiaque dans la population générale n'avaient pas montré d'efficacité.

Les auteurs font l'hypothèse que l'évolution des technologies, notamment l'utilisation de l'intelligence artificielle pour aider à identifier des maladies occultes à partir d'un électrocardiogramme ou de l'imagerie, pourrait ouvrir de nouvelles possibilités de détection précoce en routine.

(JACC, publication en ligne du 23 avril)

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