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Les hémorragies digestives en cas de maladie cardiovasculaire sont associées à une forte mortalité et morbidité à un an

Publié le vendredi 3 avril 2026

Chez des patients atteints de maladie cardiovasculaire, une hémorragie digestive est associée à un risque élevé de décès et de morbidité à un an, mais une part importante de ce risque est imputable à l'arrêt du traitement antithrombotique ou à sa reprise tardive, montre une étude publiée dans la revue Gastroenterology.

Les hémorragies digestives sont fréquentes chez les patients atteints de maladie cardiovasculaire et ce risque est augmenté par les traitements antithrombotiques. Il existe toutefois peu de données sur l'incidence à long terme des décès, événements cardiovasculaires indésirables majeurs (MACE) ou nouvelles hémorragies après une première hémorragie, rappellent Nauzer Forbes de l'université de Calgary (Canada) et ses collègues.

Ils ont inclus 3.814 patients atteints de diverses maladies cardiovasculaires (maladie coronaire ou artérielle périphérique, insuffisance cardiaque, fibrillation atriale, maladie cérébrovasculaire ou maladie thromboembolique veineuse) dans l'étude prospective internationale INTERBLEED.

Parmi ces patients, 1.612 avaient eu une hémorragie digestive et 2.202 n'en avaient pas eu.

Les patients ayant eu une hémorragie digestive avaient une probabilité plus élevée de décès à un an, avec un odds ratio (OR, mesure approchant le risque relatif) à 2,29.

Avoir eu une hémorragie digestive était par ailleurs associé à un risque accru de récidive d'hémorragie digestive (OR à 4,28), mais pas de MACE (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral ou décès d'origine cardiovasculaire).

Toutefois, la reprise d'un traitement antithrombotique entre quatre et sept jours après une hémorragie digestive ou entre huit et 30 jours était associée à une diminution du risque de MACE à un an (OR à 0,37 pour chacun) par rapport à l'arrêt du traitement ou à l'absence de reprise dans les 60 jours.

Tout traitement antithrombotique pris après l'inclusion était associé à une réduction de la mortalité toutes causes confondues (OR à 0,45).

De plus, ni l'utilisation d'antithrombotiques ni leur reprise précoce n'étaient associées à une augmentation du risque de récidive d'hémorragie digestive.

Pour les chercheurs, il est nécessaire de mener des recherches supplémentaires afin de définir la stratégie optimale de reprise des traitements antithrombotiques après une hémorragie digestive.

(Gastroenterology, publication en ligne du 3 mars)

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