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Grippe : même en cas d'infection, le fait d'avoir été vacciné réduit le risque d'infarctus et d'AVC

Publié le jeudi 9 avril 2026

Si l'infection par le virus de la grippe engendre un surrisque transitoire d'infarctus du myocarde et d'accident vasculaire cérébral (AVC), le fait d'avoir été vacciné au cours de la même saison grippale réduit de moitié le risque d'événements cardiovasculaires chez les personnes malgré tout infectées, selon une étude danoise publiée dans Eurosurveillance.

L'infection par le virus de la grippe peut entraîner des événements cardiovasculaires aigus du fait d'une inflammation systémique passagère favorisant un état prothrombotique et déstabilisant les plaques d'athérosclérose, rappellent Roberto Croci du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) à Stockholm et ses collègues.

Des études ont, par exemple, montré que le risque d'infarctus du myocarde était multiplié par six au cours de la semaine suivant un test de la grippe positif.

S'il existe des preuves solides pour dire que la vaccination antigrippale réduit le risque d'événements cardiovasculaires en prévenant l'infection, seule une étude (dont la puissance statistique était limitée) s'est penchée sur la question d'une éventuelle modification du risque cardiovasculaire grâce à la vaccination si une infection survient malgré tout, relatent les chercheurs.

L'objectif de leur travail, mené au Danemark à partir des registres de santé nationaux, a été de quantifier le risque de survenue d'un événement cardiovasculaire après une infection grippale confirmée en laboratoire et d'évaluer si la vaccination pouvait atténuer ce risque.

Ils ont pour cela identifié tous les cas d'infections grippales confirmées par PCR, survenues chez des personnes de 40 ans et plus, au cours de neuf saisons grippales consécutives (de 2015-2016 et 2023-2024), et appliqué une fenêtre de 365 jours avant et après cette infection afin de capturer les cas d'événements cardiovasculaires aigus (infarctus du myocarde ou AVC) conduisant à une première hospitalisation. Chaque personne était ainsi son propre contrôle.

Au total, les chercheurs ont identifié plus de 202.000 cas de première hospitalisation pour infarctus du myocarde ou AVC au cours de la période d'étude, dont près de 5.000 chez des personnes ayant eu un test grippal positif.

L'analyse a été menée sur 1.221 personnes (65 % d'AVC et 35 % d'infarctus du myocarde), après application de la fenêtre de 365 jours pré- et post-infection et exclusion des tests positifs obtenus dans les 14 jours précédant l'hospitalisation (ceci afin de minimiser l'effet de causalité inverse, les tests grippaux ayant pu être réalisés du fait de symptômes cardiovasculaires prodromiques).

L'âge médian des participants était de 75 ans et 54 % étaient des hommes.

Après ajustement sur le mois calendaire, les chercheurs ont constaté que le risque d'événement cardiovasculaire (ratio des taux d'incidence) était significativement augmenté d'un facteur 3,5 dans la semaine suivant l'obtention d'un test grippal positif. La hausse du risque était plus importante pour les infarctus du myocarde (×4,7) que pour les AVC (×2,9).

Le fait d'avoir été vacciné au cours de la même saison grippale -ce qui concernait la moitié des épisodes infectieux documentés- a été associé à un risque divisé par deux d'événements cardiovasculaires.

Ceci signifie que "la vaccination antigrippale pourrait conférer une protection cardiovasculaire y compris dans les situations où elle ne préviendrait pas l'infection", résument les chercheurs.

(Eurosurveillance, publication en ligne du 2 avril)

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