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Transfert d'embryons congelés : pas de différence sur les troubles hypertensifs de la grossesse entre cycles naturel et substitué
Publié le mercredi 22 juillet 2026
Le transfert d'embryons congelés réalisé en cycle substitué est associé à une incidence comparable de troubles hypertensifs de la grossesse par rapport à un transfert en cycle naturel, avec toutefois une augmentation plus marquée de la pression artérielle moyenne au cours de la grossesse, selon une étude chinoise présentée au congrès de l'European Society of Human Reproduction and Embryology 2026 (ESHRE) à Londres.
Les essais randomisés comparant ces deux principales modalités de préparation endométriale se sont surtout intéressés jusqu'ici aux taux de grossesse et de naissances vivantes, avec des résultats discordants concernant les complications obstétricales, notamment les troubles hypertensifs de la grossesse.
Des études observationnelles ont suggéré une possible association entre le cycle substitué et un risque accru de troubles hypertensifs de la grossesse, qui nécessite d'être confirmée par des essais contrôlés randomisés de puissance suffisante, a souligné Fang Gu du First Affiliated Hospital of Sun Yat-sen University (Chine). Cela pourrait être lié à l'absence de corps jaune (présent dans les cycles naturels), alors que celui-ci semble avoir un rôle important dans l'adaptation vasculaire maternelle, a-t-elle souligné.
Avec ses collègues, elle a mené dans deux hôpitaux universitaires de la province chinoise du Guangdong un essai en ouvert qui a inclus 792 femmes ayant une ovulation normale, avec des règles régulières et qui devaient bénéficier d'un transfert unique de blastocyste euploïde congelé entre 2020 et 2025.
Elles ont été randomisées entre un groupe cycle naturel (395 patientes), caractérisé par un suivi folliculaire avec un soutien de la phase lutéale par dydrogestérone orale, et un groupe cycle substitué (397 patientes), reposant sur l'administration d'œstradiol valérate par voie orale et d'un traitement progestatif (progestérone vaginale et orale).
L'incidence des troubles hypertensifs de la grossesse était comparable entre le groupe cycle naturel et le groupe cycle substitué (3,5 % vs 3,8 % pour toutes les patientes et 5,4 % vs 5,9 % parmi les femmes enceintes), sans différence statistique significative.
Les taux de naissances vivantes s'élevaient à 60 % dans le groupe cycle naturel et 56,2 % dans le groupe cycle substitué, toujours sans différence significative.
L'incidence de l'hypertension gravidique et celle de la prééclampsie apparaissaient également comparables (1,5 % versus 1,5 % ; 2 % vs 2,3 %).
En revanche, l'augmentation de la pression artérielle moyenne entre la période préconceptionnelle et le terme était significativement plus faible dans le groupe cycle naturel que dans le groupe cycle substitué. Alors qu'en cycle naturel, la pression artérielle baissait au premier trimestre puis augmentait légèrement (+0,5 mmHg sur toute la grossesse), elle restait tout d'abord stable en cycle substitué, puis augmentait fortement (+4,6 mmHg).
Les deux modalités de préparation endométriale apparaissent appropriées chez les femmes bénéficiant d'un transfert d'embryon congelé, a conclu Fang Gu.
Toutefois, l'augmentation plus marquée de la pression artérielle observée sous cycle substitué incite à la prudence chez les patientes susceptibles de développer des troubles hypertensifs de la grossesse, a-t-elle souligné.
Pour elle, des études de plus grande ampleur ou avec un suivi prolongé sont nécessaires afin de confirmer ces observations chez les femmes présentant un risque élevé de troubles hypertensifs de la grossesse.
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