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Les analogues du GLP-1 réduiraient aussi le risque cardio-rénal des diabétiques de type 1 (essai émulé)
Publié le jeudi 2 avril 2026
Les analogues du GLP-1 réduiraient significativement le risque d'événements majeurs cardiovasculaires (MACE) et de défaillance rénale terminale des diabétiques de type 1, d'après une émulation d'essai clinique publiée jeudi 19 mars 2026 dans Nature Medicine.
"Compte tenu de l'apparition précoce du diabète de type 1 et du fardeau qu'il représente tout au long de la vie, ces résultats suggèrent que les analogues du GLP-1 pourraient constituer une stratégie importante pour prévenir les maladies cardiovasculaires et rénales à long terme", estiment les auteurs, Yunwen Xu de la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health à Baltimore et ses collègues.
Le risque de MACE (incluant infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral -AVC- et décès toutes causes) serait réduit de 15% sur cinq ans avec un traitement par analogue du GLP-1, pour une incidence cumulée qui passerait de 5% à 4,3%.
Le risque de défaillance rénale terminale (avec mise sous dialyse ou greffe rénale) serait par ailleurs réduit de 19% à cinq ans, pour une incidence passant de 1,9% à 1,6%.
Il y aurait aussi une réduction significative de 18% du risque d'insuffisance cardiaque à cinq ans, et de 28% du risque d'événement hépatique majeur.
Concernant les complications plus directes du diabète, les risques d'acidocétose diabétique et d'hypoglycémie sévère seraient respectivement réduits de 17% et de 18%. Au-delà des réductions mesurées, les auteurs s'enthousiasment surtout du fait qu'il n'y a pas d'augmentation.
Cette étude est "une émulation séquentielle d'essai clinique". Elle comprend 135 essais émulés sur chaque mois entre janvier 2013 et mars 2024 à partir des données de 174.678 diabétiques de type 1, représentant au total plus de 6 millions de personnes-essais dont 14.488 ont initié un analogue du GLP-1. Les résultats portent sur la comparaison de 14.218 de ces initiateurs, appariés par un score de propension à un même nombre de personnes-essais non initiatrices.
Ces patients étaient initialement très mal contrôlés, avec un taux d'hémoglobine glyquée (HbA1c) moyen de 9%, et les deux tiers étaient hypertendus. On note que peu étaient équipés d'une pompe à insuline (13%) et/ou d'un dispositif de mesure en continu du glucose (26%).
D'après les auteurs, les réductions du risque de MACE et de défaillance rénale terminale mesurées dans cette étude sont équivalentes à celles évaluées chez des diabétiques de type 2 dans des méta-analyses d'essais cliniques (cf dépêche du 28/11/2024 à 17:12).
Récemment, des essais cliniques ont démontré l'intérêt de ces nouveaux traitements dans le diabète de type 1, tant sur l'HbA1c que sur le poids de patients équipés d'une boucle fermée hybride (cf dépêche du 15/01/2025 à 15:34, dépêche du 24/06/2025 à 15:25 ou encore dépêche du 12/06/2017 à 08:32), mais leurs effets à long terme étaient encore incertains.
Des essais cliniques randomisés de grande ampleur vont néanmoins être nécessaires pour confirmer les résultats de cette étude.
(Nature Medicine, publication en ligne du 19 mars)
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