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Effet majeur d'un inhibiteur du SGLT2 en prévention de l'insuffisance cardiaque en cas de risque génétique de cardiomyopathie
Publié le mercredi 10 juin 2026
L'inhibiteur du SGLT2 dapagliflozine (Forxiga*, AstraZeneca) diminue de plus de 80 % le risque d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque chez les personnes présentant un variant génétique associé au risque de cardiomyopathie, montre une nouvelle analyse de l'essai DECLARE-TIMI 58 publiée par Nature Medicine.
Environ 1 % de la population porte un variant génétique augmentant le risque de cardiomyopathie. Jusqu'à présent, après l'identification de personnes à risque en cas de dépistage de proches d'une personne touchée, on pouvait envisager une surveillance, mais aucun traitement préventif n'avait été identifié.
Nicholas Marston du Brigham and Women's Hospital à Boston et ses collègues ont réanalysé les résultats de DECLARE-TIMI 58, qui a inclus des diabétiques de type 2 ayant soit de multiples facteurs de risque cardiovasculaire mais sans maladie établie, soit déjà une maladie cardiovasculaire. Cet essai comparait la dapagliflozine et un placebo et l'objectif était de voir son effet sur le risque d'événements cardiovasculaires.
Ils se sont intéressés spécifiquement aux hospitalisations pour insuffisance cardiaque, en séparant les 121 patients qui étaient porteurs d'un variant à risque de cardiomyopathie (76 à risque de cardiomyopathie dilatée, 25 de cardiomyopathie hypertrophique et 25 de cardiomyopathie arythmogène; 82 % n'ayant pas eu auparavant de symptôme d'insuffisance cardiaque) et les 12.564 sans variant.
Après un suivi médian de 4,2 ans, parmi les patients présentant un variant à haut risque, dans le groupe placebo, 16 % des patients ont eu une hospitalisation pour insuffisance cardiaque. Leur risque était élevé par rapport aux autres patients parmi lesquels seuls 3,5 % ont été hospitalisés pour insuffisance cardiaque.
Chez les patients ayant un variant génétique à haut risque, avec la dapagliflozine, le risque d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque n'était que de 3,1 %. Ce risque a donc été diminué de 82 % par l'inhibiteur du SGLT2.
Plus précisément, chez ceux qui ne présentaient pas d'insuffisance cardiaque au début de l'étude, le risque d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque passait de 12,8 % dans le groupe placebo à 0 % avec la dapagliflozine. Chez ceux ayant déjà un antécédent de cette maladie, on passait de 33,3 % à 15,4 %.
Chez les patients sans variant à risque, sur l'ensemble de la population étudiée, on est passé de 3,5 % à 2,5 % d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque. Cela représente une baisse de risque relatif de 30 %, statistiquement significative mais plus limitée.
Les auteurs ont calculé qu'il faudrait traiter par dapagliflozine 7,7 patients présentant un variant génétique à haut risque de cardiomyopathie pour éviter une hospitalisation pour insuffisance cardiaque durant les 4,2 ans de suivi. En revanche, il faudrait en traiter 100 parmi les non-porteurs d'un variant pour éviter une hospitalisation.
Ainsi, ces variants génétiques prédisposant à une cardiomyopathie constituent "des génotypes actionnables", c'est-à-dire qui peuvent bénéficier d'un traitement préventif spécifique, par inhibiteur du SGLT2, commentent les auteurs.
L'essai DECLARE-TIMI 58 incluait des patients diabétiques. Il faudrait conduire aussi des études sur des porteurs de variant à haut risque n'ayant pas de diabète, soulignent les chercheurs.
(Nature Medicine, publication en ligne du 8 juin)
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