3 minutes de lecture

Les traitements antihypertenseurs ont un bénéfice stable dans le temps (méta-analyse)

Publié le mardi 21 juillet 2026

Les traitements antihypertenseurs apportent un bénéfice en matière de réduction du risque cardiovasculaire qui est stable dans le temps et dont l'ampleur n'augmente pas avec la durée du traitement, montre une grande méta-analyse publiée par Nature Medicine.

Ces résultats, qui vont à l'encontre d'une idée communément admise, ont des implications importantes en ce qui concerne la stratégie de traitement, estiment Qianqian Yang de l'université d'Oxford (Royaume-Uni) et ses collègues.

Ces chercheurs ont voulu vérifier l'hypothèse selon laquelle l'ampleur du bénéfice du traitement de l'hypertension augmenterait d'année en année. Une hypothèse basée sur des études génétiques et sur quelques études randomisées mais qui n'était pas confirmée. Une hypothèse faite aussi par analogie avec le traitement hypocholestérolémiant, pour lequel il a été montré que la baisse du risque cardiovasculaire est de 14 % la première année de traitement, mais monte à 20 % à 30 % au cours des années suivantes.

Mais en réalité, il n'était pas démontré qu'il y aurait une similitude avec les antihypertenseurs, d'autant que leur mode d'action est différent de celui des hypocholestérolémiants.

Les chercheurs ont réalisé une méta-analyse regroupant 51 essais cliniques, menés sur un total de 357.314 patients, avec un suivi médian de 4,2 ans (maximum 7,9 ans pour l'étude la plus longue).

Il s'avère qu'il n'y a pas d'augmentation au cours du temps de l'ampleur du bénéfice. En fait, il y avait même une tendance à la baisse, le bénéfice le plus important concernant le début du traitement.

Un bénéfice apparaît dès les premiers mois de traitement. Durant les deux premières années, une baisse de 5 mmHg est associée à une baisse de 12 % du risque d'événement cardiovasculaire. La baisse n'est plus que de 6 % dans les années 3-4, seulement de 3 % dans les années 4-5 et de nouveau de 6 % dans les années au-delà de cinq ans.

Ces observations sont valables quel que soit l'âge des patients et quelle que soit la classe d'antihypertenseurs.

Quand les différents événements cardiovasculaires sont analysés séparément, dans tous les cas, on ne voit pas d'augmentation du bénéfice au cours du temps. Dans le cas de l'insuffisance cardiaque, c'est même l'inverse : le bénéfice est maximal la première année et diminue ensuite jusqu'à disparaître au-delà de cinq ans. Le bénéfice en prévention de la maladie coronaire et des décès cardiovasculaires est constant.

Bénéfice plus important pour les patients aux plus hauts niveaux de risque

Ces résultats ne doivent pas être interprétés dans le sens d'une absence d'intérêt d'avoir un traitement antihypertenseur durable. Les auteurs notent que puisqu'il y a une baisse de risque d'événement cardiovasculaire chaque année, si l'on raisonne en cumulatif, le nombre d'événements évités augmente chaque année.

En revanche, cela bat en brèche l'idée d'un bénéfice de plus en plus important ainsi que l'idée, qui en découle, selon laquelle plus on débuterait tôt le traitement antihypertenseur, plus on aurait, à long terme, un bénéfice majeur.

Ils expliquent que la différence avec les hypocholestérolémiants vient de mécanismes d'action différents. Les hypocholestérolémiants agissent en induisant graduellement une stabilisation, voire une régression des plaques d'athérosclérose, un processus progressif qui explique un effet croissant dans le temps. Au contraire, les antihypertenseurs agissent en diminuant le stress sur les artères, un effet qui est constant dans le temps.

En conclusion, les chercheurs britanniques estiment que le bénéfice du traitement antihypertenseur sera d'autant plus important si on cible en priorité les patients ayant les plus hauts niveaux de risque plutôt que de vouloir traiter longtemps des patients à risque faible.

(Nature Medicine, publication en ligne du 1ᵉʳ juillet)

Source :

Articles les plus lus