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Acné : des dermatologues appellent à cesser la surveillance biologique de routine des patients sous isotrétinoïne
Publié le mardi 21 juillet 2026
Des dermatologues américains appellent à cesser la surveillance biologique de routine des taux sanguins des lipides et des transaminases chez les patients sous isotrétinoïne, en raison de données de sécurité globalement favorables et des coûts pour le système de santé.
L'isotrétinoïne a été initialement développée par le laboratoire suisse Roche et homologuée aux États-Unis en 1982 dans le traitement de l'acné sévère (et en 1984 en France, sous le nom de Roaccutane*), rappelle-t-on.
Il est apparu que ce traitement pouvait entraîner une élévation des triglycérides sériques et des transaminases hépatiques, ce qui a conduit à demander des dosages répétés, un mois après le début du traitement puis tous les trois mois, voire plus régulièrement si nécessaire.
"Mais les analyses de laboratoire de routine sont-elles vraiment nécessaires pour tous les patients ?" se demandent le Dr Joseph Pierson et ses collègues de l'University of Vermont Health à Burlington dans JAMA Dermatology.
"Plusieurs publications récentes affirment que ce n'est pas le cas", poursuivent-ils. Elles montrent que ces événements indésirables sont rares, que le profil de sécurité de l'isotrétinoïne est globalement sûr et que des tests réalisés sur la base de facteurs de risque seraient plus pertinents.
Ils relèvent en particulier qu'un seul cas de lésion hépatique a été rapporté comme étant potentiellement attribuable à l'isotrétinoïne dans le monde, alors que près de 10 millions de patients ont été traités rien qu'aux États-Unis et que, dans 80 % des cas de pancréatite aiguë associée à l'isotrétinoïne, le taux de triglycérides n'était pas élevé.
Il est donc temps d'avoir "une approche raisonnable" : les médecins doivent informer les patients sur ces risques, faibles, et avoir une discussion franche avec eux pour rechercher des antécédents de troubles hépatiques et/ou métaboliques et d'autres sources potentielles d'hépatotoxicité (consommation d'alcool), et demander des analyses chez les patients présentant des facteurs de risque.
Ils doivent également leur expliquer quels sont les signes et symptômes qui doivent conduire à arrêter le traitement et à réaliser des tests sanguins, en l'absence de facteurs de risque notamment.
"Suivi reposant sur les symptômes"
"Ce suivi reposant sur les symptômes pourrait présenter l'avantage de réduire considérablement l'anxiété liée à la santé et les coûts", commentent les auteurs, considérant qu'il est de la "responsabilité" des prescripteurs "de mieux gérer les ressources en soins de santé et, lorsque les données probantes le justifient, de saisir les occasions de réaliser des économies" au bénéfice à la fois des patients et du système dans son ensemble.
Déjà en 2022, une vingtaine d'experts avait recommandé par consensus de simplifier la surveillance biologique. "Cette dynamique, conjuguée à de nouvelles données, nous incite à nous joindre à d'autres auteurs pour recommander une approche encore plus minimaliste."
Aux États-Unis, il est mentionné dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) pour les spécialités à base d'isotrétinoïne que le dosage des lipides et des enzymes hépatiques doit être réalisé avant le traitement puis "périodiquement jusqu'à ce que la réponse à l'isotrétinoïne soit connue", note-t-on.
En France, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) avait sollicité en 2022 la Société française de dermatologie (SFD). Elle avait proposé un allègement de la surveillance biologique, s'appuyant notamment sur la conférence de consensus américaine, avec un dosage uniquement des triglycérides, des enzymes hépatiques aspartate-aminotransférase (ASAT) et alanine-aminotransférase (ALAT), avant traitement et à trois mois "en l'absence de facteur de risque identifié".
Dans les documents relatifs aux risques liés à l'isotrétinoïne actualisés en juillet 2025, il est précisé que le dosage des lipides et des transaminases hépatiques doit être réalisé "un mois après le début du traitement puis tous les trois mois, sauf si une surveillance plus rapprochée est indiquée".
(JAMA Dermatology, publication en ligne du 8 juillet)
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