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Les antimigraineux anti-CGRP associés à un risque accru d'événements cardiovasculaires, et d'AVC en particulier

Publié le jeudi 22 janvier 2026

Les antimigraineux de la famille des anti-CGRP sont associés à un risque accru d'événements cardiovasculaires et en particulier d'accident vasculaire cérébral (AVC), de faible ampleur toutefois, selon une étude américaine en vie réelle.

Les anti-CGRP ont émergé depuis 2018 comme une nouvelle classe d'antimigraineux pour le traitement et la prévention des crises. Ils sont globalement bien tolérés, mais leur profil de sécurité, notamment cardiovasculaire à long terme, reste à déterminer, rappellent Jay Lusk de l'université de Caroline du Nord à Chapel Hill et ses collègues dans Neurology.

 Ils ont voulu évaluer la survenue d'événements cardio et cérébrovasculaires dans une cohorte représentative d'adultes commençant un traitement par anti-CGRP, dans le contexte de la pratique clinique en vraie vie. Pour cela, ils ont mené une étude observationnelle rétrospective à partir de la base de données MarketScan, identifiant 900.370 patients de 18 à 65 ans (41 ans en médiane) avec des données disponibles sur un an avant le premier diagnostic de migraine, entre 2018 et 2023. Ils étaient 6,5% à commencer un traitement par anti-CGRP.

 

Parmi ces 58.679 patients ayant commencé ce traitement, ils étaient 71,35% à avoir un médicament oral, le rimégépant (Vydura*, Pfizer), l'ubrogépant (Ubrelvy*, AbbVie), l'atogépant (Aquipta*, AbbVie) ou le zavégépant (Zavzpret*, Pfizer, non disponible en Europe); et 28,65%, un anticorps monoclonal, l'érénumab (Aimovig*, Novartis), l'eptinézumab (Ajovy*, Teva), le frémanézumab (Ajovy*, Teva) ou le galcanézumab (Emgality*, Lilly). Les chercheurs ont mesuré un critère composite d'événements cardio et cérébrovasculaires: infarctus du myocarde, AVC ischémique, revascularisation, maladie artérielle périphérique et/ou occlusion de l'artère centrale de la rétine.

L'analyse pondérée des données donne un taux d'événements de 8,77 pour 1.000 personnes années chez les patients commençant un traitement par anti-CGRP, contre 6,76 pour 1.000 parmi les patients ne prenant pas ce traitement, soit un risque ajusté statistiquement significatif associé aux anti-CGRP de 1,26.

Dans l'analyse secondaire de chaque événement examiné de manière individuelle, les anti-CGRP restaient associés de manière significative uniquement au risque d'AVC ischémique, avec une hausse de 26%. Pour les autres événements, l'association était positive mais non significative.

Les résultats variaient selon que l'analyse était focalisée sur les anti-CGRP de traitement de la crise ou de prévention. En particulier, les anti-CGRP oraux de traitement de la crise étaient associés à une hausse de 31% du risque d'événements cardio et cérébrovasculaires, de 36% du risque d'AVC ischémique et de 86% pour l'hémorragie cérébrale. Les anti-CGRP prophylactiques étaient associés à une augmentation de 33% du risque composite et en particulier de 50% du risque d'infarctus et de 29% du risque d'AVC ischémique.

Globalement, cette étude montre que la mise en œuvre d'un traitement anti-migraineux par anti-CGRP semble accroître le risque d'événements cardio et cérébrovasculaires, mais de manière modeste, concluent les chercheurs.

Dans un éditorial associé, le Dr Samuel Terman de l'université du Michigan à Ann Arbor estime que ces résultats pris de manière isolée ne sont "pas suffisamment cliniquement significatifs pour dissuader la plupart des patients ou des médecins" de ne pas prendre ou prescrire ces médicaments. Il observe que l'effet pourrait toutefois être plus important chez les patients avec des maladies cardiovasculaires prévalentes, qui ont été exclues de l'étude.

 

(Neurology, publication en ligne du 7 janvier et éditorial associé)

 

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