2 minutes de lecture

Intérêt potentiel d'une stimulation diaphragmatique pour l'insuffisance cardiaque

Publié le vendredi 16 octobre 2026

Une nouvelle stratégie potentielle de traitement de l'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection réduite par stimulation diaphragmatique synchronisée semble pouvoir apporter une amélioration, selon une étude randomisée pilote, qui nécessite confirmation, publiée par le JACC : Heart Failure.

Ce traitement consiste à implanter un dispositif, par voie laparoscopique, qui envoie des impulsions dans la région du diaphragme adjacente à la pointe du cœur, coordonnées avec le QRS. "La descente et remontée du diaphragme d'un battement à l'autre qui en résulte a pour but d'optimiser la fin du remplissage diastolique, diminuer la contrainte péricardique et la postcharge et augmenter le volume d'éjection", expliquent Marat Fudim de la Duke University à Durham (États-Unis) et ses collègues.

L'essai RECOVER-HF est de petite taille, mais c'est le premier essai randomisé évaluant ce traitement. Ce sont 35 patients présentant une insuffisance cardiaque à fraction d'éjection réduite (classe NYHA II/III) qui ont été implantés. Après trois décès (non liés à la procédure selon les chercheurs) et exclusion de deux patients, les 30 patients restants ont été randomisés entre :

  • activation du système de stimulation diaphragmatique,
  • pas d'activation.

Après six mois, les patients ayant eu l'activation du système de stimulation diaphragmatique présentaient une amélioration significative de leur capacité de marche sur tapis roulant sur 6 minutes, de 61 mètres. Un bénéfice qui était maintenu et même amplifié à un an (102 m). Dans la phase comparative, à six mois, il n'y a pas eu d'amélioration dans le groupe contrôle.

La stimulation diaphragmatique a également significativement amélioré la qualité de vie mesurée par le score MLHFQ (Minnesota Living with Heart Failure Questionnaire).

Le critère principal de l'étude était le volume télésystolique du ventricule gauche. Une amélioration était observée, avec une baisse de 6 % à six mois (et de 9 % à un an) alors qu'il y avait à six mois une augmentation de 1 % chez les contrôles.

Ce résultat n'atteignait pas la significativité statistique, reconnaissent les auteurs, mais il va dans le bon sens, est maintenu jusqu'à un an et est cohérent avec les autres résultats.

De même, une amélioration de 4,4 % de la fraction d'éjection ventriculaire gauche à six mois (+6,2 % à un an) était observée, là aussi non significative mais allant dans la bonne direction. On note également une augmentation du débit cardiaque de 1,3 % à six mois et 1,6 % à un an, qui était significative.

Les auteurs restent prudents en raison de la petite taille de l'étude et de certains résultats qui n'atteignent pas la significativité statistique. Ils estiment cependant que ces résultats sont "générateurs d'hypothèses" en vue de la conception d'essais de plus grande taille pour confirmer l'intérêt de cette stratégie de traitement.

(JACC : Heart Failure, publication en ligne du 8 octobre)

Source :

Articles les plus lus