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Cardiomyopathie hypertrophique obstructive : le mavacamten restaure-t-il la réserve diastolique ?
ESC 2026
Publié le lundi 24 août 2026
Résumé de l’abstract présenté par le Dr Julien Broustaille, cardiologue et membre du Collège des Cardiologues en Formation de la SFC, à l’ESC 2026 à Munich. Co-auteurs : S. Gonzalez de Alaiza Ortega, P-C. Craciun, G. L'Official, M. Lacout, A.Guichard, A. Al Wazzan, B. Marut, M. Bezard, F. Schnell, E. Oger, E. Donal — Hôpital Pontchaillou, CHU Rennes.
L'inhibition de la myosine cardiaque améliore les symptômes et la capacité à l'effort dans la cardiomyopathie hypertrophique obstructive (CMHo), mais les mécanismes physiologiques sous-jacents restent débattus. Cette étude observationnelle monocentrique (CHU de Rennes, janvier 2024–octobre 2025) a inclus 109 patients initiant le mavacamten, dont 82 ont bénéficié d'une évaluation appariée par échocardiographie et épreuve d'effort cardiorespiratoire (CPET) à l'inclusion et à 6 mois.
À 6 mois, 37,8 % des patients répondaient aux critères d'amélioration fonctionnelle prédéfinis (Δpic VO₂ ≥ 1,5 mL/kg/min ou ΔO₂ pulse ≥ 10 % sans dégradation de la pente VE/VCO₂). Deux prédicteurs indépendants de cette amélioration ont été identifiés par régression logistique après sélection LASSO : le volume auriculaire gauche indexé minimal (LAVImin) et le strain longitudinal global (GLS), tous deux associés de façon non linéaire au bénéfice fonctionnel (modèles additifs généralisés, p = 0,011 et p = 0,035). Le modèle combiné atteignait une discrimination correcte (AUC corrigée par optimisme = 0,72 sur 500 échantillons bootstrap).
Sur le plan physiologique, la levée de l'obstruction s'accompagnait d'un remodelage échocardiographique favorable (épaisseur septale, LAVImin, insuffisance mitrale) et d'une réduction de la prévalence des cinétiques anormales du pouls d'oxygène (42 % à 26 %, p = 0,007), sans modification significative du pic de VO₂ — suggérant que le bénéfice fonctionnel sous mavacamten repose davantage sur l'efficience ventilatoire et la réserve de volume d'éjection que sur la capacité aérobie maximale.
Ces résultats, bien qu'exploratoires, ébauchent un profil échocardiographique de bon répondeur au mavacamten et plaident pour une évaluation multimodale — associant imagerie et physiologie d'effort — plutôt qu'un seul critère, dans le suivi des patients traités.


