Seuil optimal de FEVG en IRM cardiaque pour prédire la mortalité dans la CMH end-stage

ESC 2026

Publié le vendredi 21 août 2026

Résumé de l’abstract présenté par le Dr Julien Hudelo, cardiologue et membre du Collège des Cardiologues en Formation de la SFC, à l’ESC 2026 à Munich.

La cardiomyopathie hypertrophique (CMH) dite end-stage est habituellement définie par une fraction d’éjection ventriculaire gauche (FEVG) inférieure à 50 %. Cependant, ce seuil diagnostique unique regroupe des patients présentant des profils cliniques et des pronostics très hétérogènes. L’objectif de cette étude était de déterminer si un autre seuil de FEVG permet une meilleure stratification du risque de mortalité au sein de cette population.

Cette étude rétrospective multicentrique a inclus 691 patients atteints de CMH end-stage, adressés pour une IRM cardiaque dans trois centres français (l’hôpital Lariboisière, le CHU Amiens-Picardie et l’Institut Cardiovasculaire Paris Sud) entre 2008 et 2024. Le critère de jugement principal était la mortalité toutes causes. Le seuil optimal de FEVG a été recherché à l’aide de deux méthodes complémentaires : une analyse par arbre d’inférence conditionnelle et l’indice de Youden.

Les deux méthodes ont identifié de manière concordante une FEVG de 40 % comme seuil optimal. Parmi les patients inclus, 199, soit 29 %, avaient une FEVG inférieure à 40 %. Comparativement aux patients ayant une FEVG comprise entre 40 et 49 %, ils présentaient un remodelage ventriculaire plus avancé, avec un volume télédiastolique ventriculaire gauche indexé plus élevé (99 ± 11 contre 83 ± 7 mL/m² ; p < 0,001), une dysfonction ventriculaire droite plus fréquente (28,1 % contre 4,9 % ; p < 0,001), une prévalence supérieure de fibrose (65,8 % contre 26,0 % ; p < 0,001), elle-même plus étendue (2,4 ± 2,0 contre 0,6 ± 1,2 segments ; p < 0,001). Ils présentaient également plus fréquemment des symptômes d’insuffisance cardiaque (70,4 % contre 13,8 % ; p < 0,001).

Après un suivi médian de 9 ans, 226 patients, soit 32 % de la cohorte, étaient décédés. La mortalité concernait 97,5 % des patients ayant une FEVG inférieure à 40 %, contre 6,5 % de ceux ayant une FEVG comprise entre 40 et 49 %. Une FEVG inférieure à 40 % était fortement et indépendamment associée à la mortalité toutes causes après ajustement sur les facteurs pronostiques conventionnels (HR ajusté : 23,6 ; IC à 95 % : 14,6–38,1 ; p < 0,001). Cette association persistait après appariement sur score de propension (HR ajusté : 20,8 ; IC à 95 % : 11,6–37,3 ; p < 0,001).

Ces résultats montrent qu’une FEVG inférieure à 40 % identifie, au sein de la CMH end-stage, un sous-groupe présentant un remodelage myocardique plus avancé et un risque de mortalité particulièrement élevé. Ce seuil pourrait permettre d’affiner la stratification pronostique au-delà de la définition conventionnelle reposant sur une FEVG inférieure à 50 %.

 

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Figure 1 : détermination du seuil optimal de FEVG dans la stratification prognostique de la CMH end-stage

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