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Vers un test sanguin pour diagnostiquer et suivre l'évolution de l'hypertension artérielle pulmonaire

Publié le mercredi 21 janvier 2026

La détection d'une protéine présente dans le sang, liée à l'hypertension artérielle pulmonaire (HTAP), a montré une sensibilité et une spécificité élevées pour diagnostiquer cette pathologie et pourrait également avoir un intérêt pour suivre l'évolution de la maladie, suggère une étude publiée par Nature Medicine.

Actuellement, le diagnostic de l'HTAP est fait à partir de l'examen clinique et des antécédents, de la radiographie pulmonaire, l'ECG, l'échocardiographie, la mesure du peptide natriurétique, le scanner… Ces examens sont "coûteux, invasifs, potentiellement douloureux et manquent de spécificité", rappellent Moises Hernandez de l'université de Californie à San Diego et ses collègues. Il manque un test sanguin simple.

Une voie de signalisation cellulaire impliquant le récepteur NOTCH3 semble avoir un rôle central dans le développement de l'HTAP. Les chercheurs se sont intéressés à la possibilité de détecter la partie extracellulaire de NOTCH3, libérée dans le sang après activation et clivage, dans un but diagnostique. Ils ont recherché ce fragment protéique, nommé NOTCH3-ECD, chez 341 patients présentant une HTAP et 376 personnes non malades.

Le taux de NOTCH3-ECD était significativement plus élevé chez les malades: 19,9 ng/ml contre 10,5 ng/ml. Les taux de NOTCH3-ECD étaient corrélés à la pression dans l'atrium droit, la résistance vasculaire pulmonaire, la pression artérielle pulmonaire moyenne, la distance de marche sur 6 minutes et la classe NYHA. La sensibilité pour le diagnostic d'HTAP était de 90% et la spécificité de 93%. L'aire sous la courbe, qui mesure de la fiabilité globale du test, était élevée, à 0,96 (proche de 1, qui correspond à une fiabilité totale, NDLR).

Une autre utilisation de ce test concerne la prédiction du pronostic chez les personnes ayant développé une HTAP, afin d'évaluer leur pronostic. Les chercheurs montrent que pour chaque augmentation de 3 ng/ml, le risque de décès à trois ans était augmenté de 18%. Ils montrent qu'ajouter la mesure de NOTCH3-ECD à des algorithmes améliore significativement le niveau de prédiction de la mortalité. Ils ont évalué plusieurs algorithmes prédictifs déjà connus et pour REVEAL.02 par exemple, alors que l'aire sous la courbe pour cet algorithme est de 0,78 pour la prédiction de la mortalité, en ajoutant la mesure de NOTCH3-ECD on monte à 0,91. Des augmentations similaires de fiabilité de prédiction sont observées avec l'ajout à d'autres algorithmes prédictifs.

 Ils constatent également qu'il y a une corrélation avec la gravité de l'insuffisance cardiaque associée à l'HTAP. Parmi les patients évalués, plus l'insuffisance cardiaque était sévère, plus le taux de NOTCH3-ECD était élevé: le taux moyen était de 10,8 ng/ml chez les patients en classe NYHA I, 17,8 ng/ml en classe NYHA II, 21,8 ng/ml en classe NYHA III et 24,9 ng/ml en classe NYHA IV.

 "Une adoption large en clinique de la mesure de NOTCH3-ECD a un potentiel pour transformer le diagnostic et la prise en charge de l'HTAP, permettant une possible mise sous traitement plus précoce et une amélioration de l'évolution" de la maladie, espèrent les auteurs en conclusion. Après des étapes indispensables de validation de l'intérêt du test dans d'autres cohortes, "le développement de tests au chevet du malade maximisera l'utilité clinique", ajoutent-ils.

 

(Nature Medicine, publication en ligne du 9 janvier)

 

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