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Insuffisance cardiaque : le défibrillateur implantable garde un bénéfice, même avec un inhibiteur de SGLT2

Publié le mercredi 22 juillet 2026

Le défibrillateur implantable continue d'apporter un bénéfice sur le risque de mort subite dans l'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection ventriculaire gauche diminuée, même quand les patients sont traités par inhibiteur du SGLT2, montre une analyse publiée par le JACC : Heart Failure.

Les études qui ont démontré l'intérêt du défibrillateur implantable dans l'insuffisance cardiaque avec fraction d'éjection diminuée datent d'une vingtaine d'années, époque où les patients étaient traités par bloqueur du système rénine-angiotensine, bêtabloquant et pour une minorité un anti-aldostérone, rappellent Mehmet Aktas de l'université de Rochester (État de New York) et ses collègues.

Or désormais, on dispose d'un agent à double action sur le récepteur de l'angiotensine et sur la néprilysine, l'utilisation des anti-aldostérone est plus large et surtout, il y a eu l'arrivée des inhibiteurs du SGLT2, qui ont démontré une baisse de risque de décès ou d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque. De plus, des travaux suggèrent que ces médicaments diminueraient le risque d'arythmie ventriculaire et d'arrêt cardiaque.

Ces évolutions interrogeaient sur le niveau d'intérêt des défibrillateurs implantables dans le contexte actuel. C'est ce qu'ont voulu clarifier les chercheurs américains, en conduisant une nouvelle analyse de l'essai EMPEROR-Reduced -qui avait évalué contre placebo l'inhibiteur de SGLT2 empagliflozine (Jardiance*, Boehringer Ingelheim).

Ils ont comparé, parmi les patients inclus dans cet essai randomisé, les 837 patients qui portaient un défibrillateur et 837 autres qui n'étaient pas implantés.

Outre la prise de l'empagliflozine ou d'un placebo, les patients étaient, pour plus de 88 % d'entre eux, sous agent ciblant le système rénine-angiotensine (+/- inhibition de la néprilysine), pour plus de 94 %, sous bêtabloquant et pour plus de 65 %, sous anti-aldostérone.

Parmi les patients randomisés dans le bras empagliflozine, le fait d'avoir un défibrillateur a diminué de 41 % le risque de mort subite cardiaque. Il y a eu 2,7 % de mort subite dans le groupe défibrillateur contre 4,4 % dans le groupe sans défibrillateur.

C'était moins important que la baisse de 69 % du risque de mort subite cardiaque grâce au défibrillateur dans le groupe placebo. Mais selon l'analyse statistique, le défibrillateur était considéré comme efficace indépendamment du traitement par inhibiteur du SGLT2 ou placebo.

Une analyse de la mortalité globale montre également une tendance positive avec une baisse de 14 % avec le défibrillateur (14 % de décès contre 19 % sans défibrillateur) dans le groupe empagliflozine. Dans le groupe placebo, le défibrillateur diminuait la mortalité de 23 %.

Les auteurs notent que le taux global de morts subites cardiaques est faible. De ce fait la mortalité globale, bien que diminuée, ne l'est que de façon non statistiquement significative.

Néanmoins, ils estiment qu'un défibrillateur implantable devrait encore être envisagé chez les patients éligibles, dans la mesure où il continue d'être associé à une baisse du risque de mort subite cardiaque par comparaison avec l'absence de défibrillateur.

Ils rappellent que trois essais cliniques sont en cours pour réévaluer de façon prospective le rôle du défibrillateur implantable dans cette indication actuelle : CONTEMP-ICD chez des patients à faible risque de décès arythmique, PROFID EHRA dans l'insuffisance cardiaque post-infarctus et BRITISH sur l'intérêt de l'IRM cardiaque pour identifier les patients les plus à même de bénéficier d'une implantation.

(JACC : Heart Failure, publication en ligne du 2 juillet)

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