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Phénotypes des myocardites récidivantes dans le registre AMPHIBIA
ESC 2026
Publié le mercredi 19 août 2026
Résumé de l’abstract présenté par le Dr Matthieu Proust, cardiologue et membre du Collège des Cardiologues en Formation de la SFC, à l’ESC 2026 à Munich.
La myocardite aiguë regroupe un large spectre de présentations cliniques et étiologiques. La forme récidivante est une complication méconnue de cette atteinte inflammatoire du cœur. Si des données récentes montrent qu’il existe un chevauchement entre myocardites récidivantes et cardiomyopathies héréditaires d’origine génétique, l’hétérogénéité phénotypique de cette maladie ne pourrait se résumer qu’à cette association et reste encore largement inconnue.
Cette étude observationnelle, issue du registre AMPHIBIA (AP-HP/Groupe ACTION) a évalué les caractéristiques cliniques, biologiques, immunologiques, d’imagerie et génétiques de patients hospitalisés pour myocardite aiguë à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris) en comparant les patients ayant présenté des récidives à ceux ayant présenté un épisode isolé.
Parmi 591 patients inclus, 78 (13 %) ont présenté au moins une récidive après un premier épisode de myocardite, avec jusqu’à cinq épisodes observés. Le risque de nouvelle récidive augmentait progressivement après chaque épisode. Les formes initialement sévères avaient tendance à récidiver avec une sévérité comparable, tandis que les formes non compliquées évoluaient plutôt vers des récidives non compliquées. Les facteurs associés aux récidives comprenaient un âge jeune, la positivité des anticorps anti-ARN polymérase III, la présence d’antécédents familiaux de cardiomyopathie non ischémique, de mort subite ou de myocardite, ainsi qu’une étiologie immunologique. Les patients présentant des récidives multiples constituaient un sous-groupe particulier, avec un âge plus jeune, davantage d’antécédents familiaux et des intervalles plus courts entre les épisodes.
L’analyse génétique et étiologique dans un sous-groupe de 40 patients a mis en évidence plusieurs profils :
- Des myocardites associées à une infection documentée
- Des formes immunologiques, des formes liées à des variants pathogènes dans les gènes de cardiomyopathie
- Des phénotypes mixtes combinant plusieurs étiologies
Malgré une exploration approfondie, environ la moitié des patients avec myocardites récidivantes restaient sans cause identifiée.
Conclusion
Ces résultats soulignent la grande hétérogénéité des myocardites récidivantes, résultant d’une interaction complexe entre susceptibilité génétique, de mécanismes immunologiques et de facteurs environnementaux. Ces phénotypes pourront à terme guider les médecins dans la prise en charge et le choix des traitements de ces patients.

