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Place de l’IRM de stress dans les maladies systémiques : prévalence de l’ischémie et implications pronostiques

ESC 2026

Publié le jeudi 20 août 2026

Résumé de l’abstract présenté par le Dr Aïcha Kante, cardiologue et membre du Collège des Cardiologues en Formation de la SFC, à l’ESC 2026 à Munich.

L’incidence des pathologies auto-immunes systémiques est en augmentation. Ces pathologies sont reconnues comme des facteurs de risque d’événements cardiovasculaires athérosclérotiques. L’évaluation de l’ischémie myocardique dans cette population est difficile, notamment en raison de la fréquence des atteintes musculosquelettiques, limitant la réalisation d’épreuves d’effort. L’imagerie par résonance magnétique cardiaque (IRMc) constitue une alternative intéressante, mais les données concernant son utilisation dans les pathologies auto-immunes systémiques restent limitées, fondées sur des études rétrospectives de faible effectif sans donnée pronostique.  

Nous avons mené une étude prospective, multicentrique, incluant l’ensemble des patients adressés pour une IRMc de stress. Parmi les 58 668 patients explorés, 238 présentaient une pathologie auto-immune systémique. Ces pathologies comprenaient des vascularites de tous calibres (associées aux ANCA, maladie de Kawasaki, Takayasu, maladie de Behçet et artérite à cellules géantes), des connectivites (lupus et sclérodermie) ainsi que des sarcoïdoses. Les patients atteints de pathologie auto-immune systémique ont été appariés à des témoins adressés pour une IRMc de stress selon un score de propension (ratio 1:2). Après une durée médiane de suivi de 8 ans, 28 % des patients atteints d'une pathologie auto-immune systémique étaient décédés.

Les principaux résultats de notre étude sont les suivants :

  1. Les patients atteints d'une pathologie auto-immune systémique présentaient une prévalence significativement plus élevée d'ischémie myocardique détectée en IRMc de stress que les contrôles.
  2. Malgré cette prévalence accrue d'ischémie myocardique, le taux de revascularisation coronarienne était similaire, suggérant l'absence de lésions coronaires macrovasculaires accessibles à une revascularisation. Cette discordance pourrait s'expliquer par une atteinte prédominante de la microcirculation coronaire.
  3. Enfin, sur le plan pronostique, la dysfonction ventriculaire droite et la présence d'un rehaussement tardif, témoignant d'une fibrose myocardique focale, étaient toutes deux indépendamment associées à la mortalité.

Conclusion

Dans leur ensemble, ces résultats soutiennent l'intérêt de l'IRMc de stress pour l'évaluation de l'ischémie myocardique, de la fonction ventriculaire et de la fibrose myocardique focale chez les patients atteints de pathologies auto-immunes systémiques. Des études prospectives intégrant notamment une évaluation quantitative de la microcirculation coronaire sont nécessaires afin de confirmer ces observations.

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