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Infarctus prématuré chez l’adulte jeune : les seuils actuels du SCORE2 sont-ils suffisants ?
ESC 2026
Publié le jeudi 20 août 2026
Résumé de l’abstract présenté par le Dr Nadhir Chabane, cardiologue et membre du Collège des Cardiologues en Formation de la SFC, à l’ESC 2026 à Munich. Co-auteurs : Drs L. Bruneau(1), T. Chollet, L-M. Desroche(1), N. Berjeb, J. Corre.
L’infarctus du myocarde chez l’adulte jeune est en augmentation, alors que les outils actuels d’évaluation du risque cardiovasculaire ont été développés principalement pour des populations plus âgées. Cette étude avait pour objectif d’évaluer la capacité du score SCORE2 à identifier les patients ayant présenté un infarctus du myocarde prématuré.
Les données proviennent du registre YMIR (Young adults with Myocardial Infarction in Reunion Island), incluant tous les patients de moins de 45 ans hospitalisés pour un syndrome coronarien aigu à La Réunion entre 2016 et 2021. Parmi les 517 patients inclus, le SCORE2 a pu être calculé chez 228 sujets âgés de 40 ans ou plus, sans antécédent cardiovasculaire ni diabète connu.
Selon les seuils adaptés à l’âge recommandés par les sociétés européennes de cardiologie, 58,8 % des patients étaient classés à haut risque et seulement 0,4 % à très haut risque. Cependant, 40,8 % étaient considérés comme présentant un risque faible à modéré, malgré la survenue ultérieure d’un infarctus avant 45 ans.
Par ailleurs, l’ensemble de la cohorte présentait une forte prévalence de facteurs de risque cardiovasculaire modifiables : tabagisme actif (68 %), obésité (35,5 %), HDL-cholestérol bas (60 %), diabète (près de 20 %) et LDL-cholestérol supérieur aux seuils recommandés chez plus de la moitié des patients. Seuls 9,4 % recevaient un traitement par statine avant l’événement aigu.
Conclusion
En conclusion, bien que le SCORE2 identifie une proportion importante de jeunes adultes à haut risque, il ne permet pas de détecter un nombre conséquent de patients qui développeront un infarctus prématuré. Ces résultats soulignent les limites d’une estimation fondée uniquement sur le risque absolu à 10 ans et plaident en faveur d’un dépistage plus précoce et plus systématique des facteurs de risque cardiovasculaire chez les adultes jeunes.

