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Les calcifications coronaires ne se valent pas : l’athérectomie orbitale OCT-guidée pour les nodules calcifiés
ESC 2026
Publié le jeudi 20 août 2026
Résumé de l’abstract présenté par le Dr Raïd Faraj, cardiologue et membre du Collège des Cardiologues en Formation de la SFC, à l’ESC 2026 à Munich. Co-auteurs : Drs Sébastien Hess ; Dr Xavier Lamit ; Dr Éric Quiring.
Un homme de 69 ans, hypertendu, diabétique de type 2 et dyslipidémique, était exploré pour un syndrome coronarien chronique avec ischémie inférieure documentée. La coronarographie mettait en évidence, sur une coronaire droite de gros calibre, une longue sténose sévèrement calcifiée intéressant les segments proximal et moyen (CD1–CD2). Deux protrusions calciques focales, excentrées, convexes et aux contours irréguliers faisaient suspecter des nodules calcifiés. L’OCT confirmait une charge calcique à haut risque de sous-expansion du stent — arc calcique maximal > 180°, épaisseur > 0,5 mm et longueur > 5 mm — et caractérisait deux phénotypes distincts : un nodule proximal éruptif, à surface irrégulière avec rupture de la chape fibreuse, associé à une aire luminale minimale de 3,32 mm², et un nodule distal non éruptif, recouvert d’une chape fibreuse lisse et intacte, avec une aire luminale minimale de 2,66 mm².
Compte tenu du phénotype nodulaire, de la longueur de la lésion et du calibre du vaisseau, une modification préalable de la plaque était indispensable. L’athérectomie rotationnelle, particulièrement utile dans les lésions non franchissables par ballon, pouvait être limitée par le biais du guide et son action essentiellement antérograde, moins favorable face à des nodules excentrés. L’IVL paraissait moins adaptée à cette longue lésion calcifiée, qui aurait nécessité de multiples repositionnements du ballon. L’athérectomie orbitale a donc été retenue pour son action bidirectionnelle et sa capacité à combiner réduction du volume nodulaire et fractures calciques sur un long segment.
Dix passages antérogrades et rétrogrades ont été réalisés à 80 000 tours/minute sur l’ensemble du segment calcifié. L’OCT de contrôle après athérectomie objectivait un gain luminal et plusieurs fractures au sein des deux nodules, confirmant une préparation satisfaisante. Après prédilatation par un ballon non compliant de 3,5 × 30 mm, un stent actif de 3,5 × 48 mm a été implanté. L’OCT post-stenting montrait une bonne expansion, sans dissection de bord, mais avec quelques zones focales de malapposition, corrigées par une postdilatation avec un ballon non compliant de 4,0 mm.
Conclusion
Ce cas souligne l’intérêt d’une stratégie guidée par le phénotype calcique. Les nodules non éruptifs, rigides et peu déformables, exposent principalement à la sous-expansion du stent. Les nodules éruptifs peuvent, malgré une expansion initiale satisfaisante, reprotruder secondairement à travers les mailles du stent et favoriser la resténose. L’OCT permet ainsi de caractériser le calcium, de guider la modification de plaque et d’optimiser le résultat final. Dans cette anatomie, l’athérectomie orbitale constitue une option particulièrement attractive pour traiter une longue lésion comportant plusieurs nodules calcifiés.


