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Ischémie myocardique silencieuse et risque cardiovasculaire chez les personnes vivant avec le VIH
ESC 2026
Publié le jeudi 20 août 2026
Résumé de l’abstract présenté par le Dr Guillaume Bailly, cardiologue et membre du Collège des Cardiologues en Formation de la SFC, à l’ESC 2026 à Munich.
Les personnes vivant avec le VIH présentent un risque accru de maladie coronaire, alors que les outils conventionnels d’évaluation du risque cardiovasculaire restent imparfaits dans cette population. Nous avons évalué la valeur pronostique à long terme de l’ischémie myocardique silencieuse chez des patients asymptomatiques vivant avec le VIH, sans maladie coronaire connue.
Entre 2003 et 2016, 756 patients ont bénéficié d’une évaluation cardiovasculaire systématique comprenant une recherche non invasive d’ischémie myocardique. L’âge moyen était de 51 ans, 85 % étaient des hommes et l’infection par le VIH était ancienne et bien contrôlée, avec 89 % des patients ayant une charge virale indétectable. Une ischémie myocardique silencieuse était identifiée chez seulement 29 patients, soit 3,8 % de la population.
Après un suivi médian de 11 ans, l’incidence cumulée des événements cardiovasculaires à 10 ans atteignait 18,4 %. Elle était nettement plus élevée chez les patients présentant une ischémie à l’inclusion que chez ceux ayant un test négatif : 39,3 % contre 17,5 % (p = 0,004). Le critère principal, associant décès cardiovasculaire, infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral et revascularisation coronaire, concernait 8,5 % des patients.
Après ajustement, la présence d’une ischémie myocardique silencieuse restait associée à une augmentation de plus de deux fois du risque d’événement cardiovasculaire majeur (HR ajusté 2,42 ; IC95 % 1,03-5,68). Les variables spécifiques au VIH, notamment la durée de l’infection et l’exposition cumulée aux traitements antirétroviraux, n’étaient pas associées au pronostic cardiovasculaire. Enfin, les scores SCORE2 et ASCVD présentaient une capacité discriminante modeste, avec des C-statistiques respectives de 0,64 et 0,63 et une calibration imparfaite.
Conclusion
Ainsi, bien que rare, l’ischémie myocardique silencieuse identifie chez les personnes vivant avec le VIH un sous-groupe à haut risque cardiovasculaire à long terme. Ces résultats suggèrent qu’une recherche ciblée d’ischémie pourrait compléter les scores de risque conventionnels chez certains patients.

