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Étude SOLVE-AF : L'ablation guidée par le substrat en rythme sinusal dans la FA persistante
EHRA 2026
Publié le lundi 20 avril 2026
D’après la presentation du Dr Amis S. Jadiddi, Lucerne, Suisse, « Sinus Rhythm Substrate-based Ablation of Low Voltage and Abnormal Electrograms for Persistent Atrial Fibrillation (SOLVE AF) » à l’occasion des Late-Breaking trial de l’EHRA 2026.
Messages clés
- Étude multicentrique prospective sur l’ablation de la FA persistante
- Analyse du substrat électro-anatomique (cartographie) en rythme sinusal
- Une stratégie adaptée au substrat est efficace sur les récidives d’arythmie
- Trois groupes : Absence de substrat → isolation des veines pulmonaires seule (REG) ; présence de substrat → randomisation entre : isolation des veines pulmonaires seule (PVI) et isolation des veines pulmonaires + ablation du substrat (PVI-plus)
Le substrat électrique atrial est souvent hétérogène chez les patients présentant une fibrillation atriale (FA) persistante. Des études antérieures ont montré que les zones pathologiques identifiées lors du mapping électro-anatomique en FA correspondent également à des anomalies détectables en rythme sinusal.
L’objectif de cette étude est de comparer différentes stratégies d’ablation en fonction du substrat électro-anatomique évalué en rythme sinusal chez des patients atteints de FA persistante.
Au total, 231 patients ont été inclus. Tous ont bénéficié d’une cartographie électro-anatomique de l’oreillette gauche en rythme sinusal au cours de la procédure d’ablation (substrat pathologique défini par un bas voltage sur une surface > 2 cm² ou des électrogrammes prolongés > 65 ms). Parmi eux :
- 123 patients sans substrat pathologique ont bénéficié d’une isolation des veines pulmonaires seule (groupe REG)
- 108 patients avec substrat anormal ont été randomisés entre : isolation des veines pulmonaires seule (groupe PVI) ; isolation des veines pulmonaires associée à une ablation du substrat (groupe PVI-plus)
La population comportait un tiers de femmes, avec un âge moyen de 67 ans et des oreillettes gauches globalement dilatées (volume médian : 150 ml). Les patients du groupe REG étaient plus jeunes (63 ± 9 vs 71 ± 7 ans, p < 0,001) et majoritairement des hommes (81,3 % vs 50,5 %, p < 0,001). Les deux groupes avec substrat (PVI et PVI-plus) ne différaient pas significativement sur le plan démographique.
Critère primaire
Le critère primaire, la survie sans arythmie à 1 an, était de 76,8 % dans le groupe REG, 58,9 % dans le groupe PVI et 76,3 % dans le groupe PVI-plus (REG vs PVI p = 0,012 ; PVI vs PVI-plus p = 0,04). Les taux de survie sans FA étaient respectivement de 83,8 %, 66,6 % et 89,3 % dans ces trois groupes (REG vs PVI p = 0,013 ; PVI vs PVI-plus p = 0,03). Les taux de récidive de tachycardie atriale étaient similaires dans les trois groupes.
Figure 1
Après ajustement sur les comorbidités et les traitements antiarythmiques, la stratégie d’ablation apparaissait comme un facteur déterminant de la survenue des récidives d’arythmie.
Figure 2
Conclusion
L’absence de substrat électro-anatomique pathologique est associée à un faible risque de récidive après isolation des veines pulmonaires seule. Chez les patients présentant un substrat anormal, l’ajout d’une ablation ciblée du substrat à l’isolation des veines pulmonaires permet d’améliorer significativement la survie sans arythmie par rapport à l’isolation seule.
Ces résultats soulignent l’intérêt d’une stratégie d’ablation personnalisée, guidée par l’analyse du substrat en rythme sinusal dans la FA persistante.


