DECLARE-PAD : un inhibiteur SGLT2 efficace dans l’artérite du diabétique

Mis à jour le mardi 19 mars 2019
dans

ACC 2019
Le congrès de l'American College of Cardiology (ACC) 2019

DECLARE-PAD- Dapagliflozin and Outcomes in Patients with Peripheral Artery Disease: Insights from DECLARE-TIMI 58

Serge Kownator
Dr. Serge Kownator
Cardiologue
Centre Cardiovasculaire Cœur de Lorraine (Thionville)

 

L’étude DECLARE testant la dapaglifolzine (inhibiteur des SGLT-2) chez 17160 patients diabétiques ayant une maladie cardiovasculaire confirmée ou des facteurs de risque multiples avait été présentée en novembre 2018 au dernier congrès de l’AHA et publiée récemment (Wiviott SD, N Engl J Med. 2019;380:347-57).

La dapagliflozine, en plus du traitement conventionnel, était apparue comme non inférieure au placebo sur la survenue d’un critère primaire portant sur les évènements cardiovasculaires graves (8.8% vs 9.4%, HR 0.93 p (noninferiority) <0.001, p (superiority) 0.17) mais supérieure sur l’apparition d’un critère associant atteinte cardiovasculaire et hospitalisation pour insuffisance cardiaque (4.9% vs 5.8%, HR 0.83 (0.73-0.95), p (superiority) 0.005).

L’analyse des résultats portant sur les sujets inclus dans l’étude avec une artériopathie des membres inférieurs (AOMI) avait pour objectifs de comparer chez les patients avec ou sans AOMI, le risque de survenue événements cardiaques, rénaux ou touchant les membres inférieurs, de tester l’efficacité de la dapagliflozine chez les sujets de l’étude ayant une AOMI, et enfin d’évaluer la tolérance en termes événements touchant les membres inférieurs. Parmi les 17160 patients étudiés, 1025 avaient une AOMI, leur âge médian était de 62 ans vs 64 ans pour le reste de la population.

Le risque d’événements cardiovasculaires et rénaux s’avère significativement plus important chez patients avec AOMI sous placebo (figure 1), il en va de même du risque événements touchant les membres inférieurs (figure 2). On n’observe pas de différence d’efficacité de la dapagliflozine selon que les patients aient ou non une AOMI avec cependant un bénéfice absolu plus important dans le groupe AOMI ce qui est consistant avec le niveau de risque plus élevé. Enfin sous dapagliflozine, le pronostic de membres n’est pas aggravé même chez des sujets à risque particulièrement élevé.

La dapagliflozine pourrait donc être une option thérapeutique valide chez les diabétiques ayant une AOMI, complication fréquente et potentiellement sévère chez ces sujets.

Figure 1

Figure 2

Toute l'actualité de l'ACC 2019