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Suspicion d'infarctus : un test de troponine réalisé au domicile évite le transport aux urgences dans un tiers des cas

Publié le mercredi 30 septembre 2026

Un test de mesure de la troponine cardiaque hautement sensible réalisable au chevet du patient permettrait d'éviter le transport aux urgences d'un tiers des personnes ayant une suspicion d'infarctus du myocarde, en réalisant ce test dès le domicile, selon une étude néerlandaise présentée à l'European Emergency Medicine Congress (EUSEM) à Paris.

Actuellement, environ 95 % des personnes ayant une suspicion d'infarctus sont transportées aux urgences et c'est à ce moment-là qu'est réalisée la mesure de la troponine.

L'objectif de l'étude conduite par Nancy van der Waarden du service d'urgences de Rotterdam et ses collègues était d'évaluer le test TriageTrue* (QuidelOrtho) de mesure de la troponine cardiaque hautement sensible, qui donne un résultat en moins de 20 minutes, réalisé au domicile du patient où s'est rendue une ambulance des services d'urgence.

Ce test était couplé au HEART-score, score basé sur des informations cliniques (âge, électrocardiogramme, facteurs de risque) pour évaluer la probabilité que les douleurs thoraciques présentées par le patient soient dues à un infarctus et ainsi aider à la décision de transport à l'hôpital ou de laisser le patient à son domicile.

L'étude a été conduite en deux périodes : une période "avant" où le test n'a pas été utilisé et 539 patients ont été pris en charge de façon habituelle et une période "après" où 483 ont été pris en charge avec l'utilisation du test.

Alors que dans la période "avant", seulement 3,5 % des patients ont été laissés à leur domicile parce que les urgentistes estimaient qu'il n'y avait pas d'infarctus (ni d'autre pathologie nécessitant un transport aux urgences), dans la période "après", ce fut le cas de 34,2 % des patients.

Cela n'a pas entraîné de risque pour les patients. Globalement, le pourcentage de patients qui ont eu un événement cardiovasculaire majeur dans les 30 jours était de 15 % dans la période "avant" et 9,8 % dans la période "après" (le pourcentage plus faible serait lié au fait qu'il y avait un peu plus de patients à bas risque dans le groupe "après", est-il précisé dans un communiqué).

Plus précisément, si l'on s'intéresse aux patients laissés à domicile, seulement 0,6 % de ceux de la période "après" ont eu un événement cardiovasculaire majeur dans les 30 jours (contre aucun parmi les quelques patients laissés à domicile dans la période "avant").

Un tel test permettrait d'éviter des hospitalisations inutiles, diminuerait la surcharge d'activité des urgences et éviterait à des patients un stress et une admission aux urgences inutile, commentent les chercheurs néerlandais dans un communiqué de l'EUSEM.

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