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Moins d'événements cardiovasculaires sous aténolol que sous bisoprolol en post-infarctus sans insuffisance cardiaque
Publié le jeudi 22 octobre 2026
L'instauration d'un traitement bêta-bloquant par l'aténolol après un infarctus aigu chez les patients sans insuffisance cardiaque est associée à une réduction du risque d'événements cardiovasculaires majeurs à deux ans par rapport au bisoprolol, selon une étude observationnelle française publiée dans NEJM Evidence.
Le bisoprolol est devenu le bêta-bloquant le plus prescrit en France et dans d'autres pays européens au cours de la dernière décennie. L'aténolol est le deuxième plus prescrit en France, mais il ne figure pas dans les recommandations de l'American College of Cardiology (ACC) ni de l'American Heart Association (AHA), soulignent Thomas Laurenceau du Paris Cardiovascular Research Center (PARCC, université Paris-Cité, Inserm) et de l'hôpital européen Georges Pompidou (Paris, AP-HP) et ses collègues.
En outre, plusieurs études observationnelles ont comparé des bêta-bloquants et suggéré une efficacité similaire, amenant à considérer ces médicaments comme une classe thérapeutique unique, mais peu de ces études ont inclus l'aténolol, rappellent-ils.
À partir des données du système national des données de santé (SNDS), ils ont identifié 11.558 patients hospitalisés à Paris et sa petite ceinture pour un nouvel infarctus, sans diagnostic d'insuffisance cardiaque ni prescription antérieure de bêta-bloquant ou de diurétique de l'anse, et mis sous aténolol ou bisoprolol dans les deux jours suivant leur sortie d'hospitalisation. Parmi eux, 13,2 % ont commencé l'aténolol et 86,8 %, le bisoprolol.
Après un suivi jusqu'à deux ans, l'aténolol était associé à un moindre risque d'événements cardiovasculaires majeurs, survenus chez 10,8 % des patients contre 14,1 % de ceux sous bisoprolol.
Le risque de mortalité de toutes causes n'était pas significativement diminué (1,4 % contre 2,2 %).
Le bénéfice de l'aténolol par rapport au bisoprolol dans cette étude apparaissait plus particulièrement sur les récidives d'infarctus (6,1 % contre 8,4 %), comme cela a été observé dans l'essai BETAMI-DANBLOCK, tandis que dans l'essai REBOOT, portant essentiellement sur le bisoprolol, aucune réduction du taux de ré-infarctus n'a été observée dans le groupe bêta-bloquant par rapport au groupe sans bêta-bloquant, observent les auteurs.
L'aténolol et le bisoprolol sont tous deux sélectifs des récepteurs bêta-1, mais leur structure moléculaire, leurs propriétés lipophiles, leur voie d'élimination et leur affinité pour les récepteurs bêta-1 sont différentes, expliquent-ils.
"Ces observations remettent en cause collectivement l'idée que les bêta-bloquants sélectifs de bêta-1 sont interchangeables après un infarctus", commentent-ils.
Un essai randomisé comparatif direct serait nécessaire pour confirmer ces résultats, toutefois, cela nécessiterait un très grand nombre de participants pour détecter des différences modestes et cela poserait des difficultés de recrutement, selon eux.
(NEJM Evidence, publication en ligne du 22 septembre)
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