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Soins intensifs de cardiologie: des patients un peu plus jeunes mais un peu plus sévères qu'il y a 10 ans

Publié le jeudi 19 mars 2026

Les patients admis en unités de soins intensifs de cardiologie (Usic) sont un peu plus jeunes et plus complexes qu'il y a 10 ans, et les prises en charge dans ces unités sont aujourd'hui davantage d'ordre interventionnel, et plus efficientes, selon une analyse présentée au congrès Evaluation, management, organisation, information, santé (Emois), qui s'est tenu du 11 au 13 mars à Saint-Malo.

Les Usic doivent s'adapter en permanence aux besoins et aux innovations médicales, mais depuis leur création dans les années 1960, on dispose de peu de données sur l'utilisation de ces unités, et on peut s'interroger aussi sur l'impact du Covid, souligne Grégoire Mercier (CHU de Montpellier) dans sa présentation.

Afin de décrire les tendances nationales d'utilisation des Usic sur la dernière décennie (2014-2023), l'étude menée avec son équipe a analysé l'ensemble des admissions en Usic sur cette période, à partir des données nationales du programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI), en comparant les caractéristiques des patients et des séjours.

Plus de 2,7 millions de séjours ont été analysés, dont 277.878 en 2014 et 261.761 en 2023. Le nombre d'Usic a baissé entre 2014 et 2023, passant de 270 à 251.

La durée moyenne de séjour totale a diminué d'une journée sur la période, passant de 7,6 j à 6,6 j, tandis que la durée moyenne de séjour en Usic spécifiquement, est restée stable (2,9 jours). La mortalité intrahospitalière n'a pas évolué non plus, stagnant à 4%.

Les profils de prise en charge ont évolué, avec davantage d'insuffisance cardiaque (28% des séjours en 2014 contre 32% en 2023), de séjours interventionnels (41% contre 49%) et moins de séjours médicaux (46% contre 38%), tandis que la proportion de séjours pour maladie coronaire aiguë stable est restée la même (39%).

Si l'âge moyen et l'âge médian des patients n'ont pas évolué, il y a désormais moins de patients de 80 ans et plus (20%) et plus de patients de 70 à 79 ans (près de 28%), tandis qu'en 2014, les proportions des deux tranches d'âge étaient comparables (autour de 24%).

Les patients admis sont en outre plus sévères, la proportion de patients ayant un score de sévérité égal à 1 (moins sévère) étant passée de 41% à 36%, tandis que les patients ayant un score égal à 2 représentent désormais 31% des patients contre 29% en 2014, un score égal à 3 17% des patients contre 15% en 2014. La proportion de patients les plus sévères (score égal à 4) est restée stable (de 5,3% à 5,8%).

Aucun effet du Covid n'a été constaté sur les tendances observées.

Ces résultats montrent une moindre proportion de patients très âgés, "en contradiction avec la littérature disponible", ainsi qu'un fardeau croissant de l'insuffisance cardiaque, "conforme à l'épidémiologie", souligne Grégoire Mercier.

Le recours croissant aux actes interventionnels coronaires et valvulaires reflète les progrès technologiques, et la stabilité ou la baisse de la durée de séjour en Usic et totale suggère "une meilleure efficience technique", ajoute-t-il.

"Ces résultats fournissent des données intéressantes pour comprendre les modifications passées et pour anticiper au mieux les évolutions à venir", concluent les auteurs dans le résumé de la communication.

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