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CHIP-BCIS3 : Évaluation randomisée de l’apport d’une assistance ventriculaire gauche pendant des revascularisations complexes de patients ayant une dysfonction VG sévère
ACC 2026
Publié le mardi 31 mars 2026
Durant le congrès de l'ACC 2026 à la Nouvelle Orléans, le Pr Divaka Perera, cardiologue interventionnel à Londres présentait les premiers résultats de l'essai CHIP-BCIS3 dont il était l’investigateur principal, présentation ayant eu lieu simultanément à leur publication dans le New England Journal of Medicine.
Objectifs de l'essai CHIP-BCIS3
CHIP-BCIS3 est le premier essai randomisé visant à déterminer si la décharge du ventricule gauche par une pompe micro-axiale pouvait réduire les complications associées à une revascularisation percutanée chez des patients présentant à la fois :
- des lésions coronaires étendues et complexes,
- une dysfonction ventriculaire gauche sévère.
Un essai multicentrique britannique
Cet essai académique a été conduit dans 21 centres au Royaume-Uni et a inclus 300 patients qui avaient une dysfonction ventriculaire gauche sévère (avec une FEVG ≤ à 35 %) ainsi que des lésions coronaires étendues et complexes pour lesquels une revascularisation était planifiée (les patients en situation de choc cardiogénique étaient exclus de l’essai).
Les patients ont été randomisés, un pour un, entre revascularisation assistée par une pompe micro-axiale (Impella CP®) et revascularisation sans décharge du ventricule gauche.
L’âge moyen des patients était de 73 ans, 83 % d’entre eux étaient des hommes et, dans 75 % des cas, ils étaient hospitalisés pour un syndrome coronaire aigu.
Un impact négatif dans le groupe avec assistance ventriculaire
Le critère d’évaluation principal de l’essai était un critère composite incluant :
- les décès toutes causes,
- les AVC,
- les infarctus,
- les hospitalisations pour causes cardiovasculaires,
- toutes lésions cardiaques survenues pendant le traitement du patient.
Les patients ont été suivis pendant 22 mois en moyenne et l’analyse des critères a été conduite de façon hiérarchique dans une méthodologie de comparaison par paires en définissant pour chaque paire de patients (un de chaque groupe) si le résultat était meilleur avec l’assistance ventriculaire ou avec les soins standards.
En ce qui concerne la mortalité totale, premier critère de l’analyse, elle est survenue pour 80 des 300 patients à 22 mois. Avec les soins standards, le résultat a été meilleur dans 23,4 % des comparaisons. Avec l’assistance ventriculaire, il a été meilleur pour 16,4 % des comparaisons.
Sur le critère composite dans son ensemble, le résultat a été meilleur à 43 % pour les soins standards et à 36,6 % avec l’assistance ventriculaire, amenant à un win ratio de 0,85 en défaveur de l’assistance ventriculaire.
Quand les investigateurs ont examiné le critère d'évaluation secondaire de décès toute cause, ils ont constaté que celui-ci était de 32,6 % dans le groupe avec assistance vs 23,4 % dans le groupe standard (HR = 1,54, p = 0,054) et que la mortalité cardiovasculaire était, elle aussi, plus élevée dans le groupe assistance ventriculaire (26,7 % vs 14,5 %, HR = 1,91, p = 0,018).
Pour le Pr Divaka Perera, cardiologue interventionnel à Londres et investigateur principal de l’essai :
Bien que les données sur les taux de mortalité plus élevés avec l’assistance ventriculaire soient un résultat secondaire de l’étude, nos résultats suggèrent fortement que nous ne devrions pas utiliser ce dispositif de façon systématique sans preuves supplémentaires de son efficacité dans le contexte des patients inclus dans notre étude.
Dr Pierre Delahousse pour Cardio-online, d’après la communication du Pr Divaka Perera « CHIP-BCIS3 - Controlled trial of high-risk coronary intervention with percutaneous left ventricular unloading » durant les LBCT de l’ACC.26.


