Cancer du sein précoce: les statines semblent réduire le risque d'insuffisance cardiaque lié à la chimiothérapie

Publié le jeudi 4 février 2021
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WASHINGTON, 29 janvier 2021 (APMnews) - Les femmes exposées aux statines ont un risque plus faible d'hospitalisation ou de visite aux urgences pour insuffisance cardiaque après une chimiothérapie contenant des anthracyclines pour un cancer du sein précoce, selon une étude canadienne publiée dans le Journal of the American Heart Association (JAHA).

Le traitement du cancer du sein précoce implique souvent une chimiothérapie par anthracyclines et/ou trastuzumab, qui ont des effets cardiotoxiques reconnus, contribuant à une augmentation du risque d'insuffisance cardiaque, rappellent Husam Abdel-Qadir du Women's College Hospital à Toronto (Canada) et ses collègues.

Jusqu'ici les essais avec des agents potentiellement cardioprotecteurs ont donné des résultats modestes et contradictoires, sauf pour le dexrazoxane qui est cependant approuvé dans une indication très limitée. Les autres agents cardiotoxiques potentiels comme les antagonistes de l'angiotensine et les bêta-bloquants ont des effets indésirables hémodynamiques, qui peuvent être amplifiés chez les patientes sous chimiothérapie, ce qui limite leur utilisation, poursuivent les auteurs.

Les statines semblent de bons candidats potentiels pour atténuer la cardiotoxicité des anthracyclines et du trastuzumab, selon de petites études monocentriques. Les chercheurs ont voulu évaluer leurs effets dans une étude de cohorte rétrospective de plus grande ampleur, utilisant un score de propension pour apparier les patientes.

La cohorte a été constituée à partir de bases de données administratives de l'Ontario, en sélectionnant les femmes de 66 ans et plus, sans antécédent d'insuffisance cardiaque, qui ont reçu des anthracyclines ou du trastuzumab pour un cancer du sein précoce nouvellement diagnostiqué.

Au sein de cette cohorte, 666 paires de patientes traitées par anthracyclines, chacune avec une patiente recevant un traitement par statines, l'autre non, ont été constituées, ainsi que 390 paires de patientes traitées par trastuzumab, recevant et ne recevant pas de statine.

Chez les patientes traitées par anthracyclines, l'incidence cumulée à 5 ans des hospitalisations ou visites aux urgences pour insuffisance cardiaque était de 1,2% avec un traitement par statine contre 2,9% sans statine, une différence statistiquement significative. Le risque relatif d'hospitalisation ou visite aux urgences pour insuffisance cardiaque était significativement réduit de 55% en présence de statines.

Une tendance similaire était observée chez les patientes traitées par trastuzumab, mais non statistiquement significative.

La nature rétrospective de cette étude ne permet pas d'établir un lien de causalité entre statines et plus faible risque d'insuffisance cardiaque après chimiothérapie cardiotoxique, soulignent les auteurs. Mais ces résultats soutiennent la réalisation d'essais randomisés sur les statines en prévention de la cardiotoxicité des chimiothérapies.

En attendant, il n'est pas possible de recommander un traitement par statine chez toutes les femmes recevant une telle chimiothérapie; en revanche les patientes ayant déjà une indication établie au traitement par satine, devraient être encouragées à en prendre si elles doivent initier une chimiothérapie cardiotoxique du cancer du sein précoce.

(JAHA, publication en ligne du 6 janvier)

Source: APMnews

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