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Intervention coronaire percutanée élective: risque d'arrêt cardiaque pendant la procédure de 1/300
Publié le mardi 28 mai 2019
PARIS, 24 mai 2019 (APMnews) - Un arrêt cardiaque toutes les 300 procédures et un décès toutes les 700 procédures surviennent lors d'interventions coronaires percutanées électives, selon un registre multicentrique européen, dont les résultats ont été présentés jeudi au congrès EuroPCR.
Les cas d'arrêts cardiaques et décès inattendus au cours des interventions coronaires percutanées électives n'ont pas fait l'objet de larges registres permettant d'évaluer leur risque, mais aussi leur mécanisme pathophysiologique, leur pronostic et l'efficacité des traitements de sauvetage.
Les résultats du premier grand registre sur les arrêts cardiaques et décès inattendus au cours des interventions coronaires percutanées électives ont été présentés jeudi lors d'une session Hot Line. Il couvre 11 centres ayant une forte activité d'intervention coronaire percutanée, en Belgique et aux Pays-Bas, ainsi qu'un centre en France (Toulouse) et un en Italie. Les données de 113.661 procédures électives ont été étudiées. Il s'agissait d'interventions percutanées réalisées pour des syndromes coronaires aigus non infarctus, des angors instables, des angors stables, des insuffisances cardiaques, des ischémies silencieuses.
Au cours de ces 113.661 procédures, il y a eu 330 arrêts cardiaques, soit 1 pour 344 procédures, selon le diaporama ayant servi de support à la présentation.
Dans 39% des cas, ces arrêts cardiaques étaient liés à des complications techniques (dissection, perforation, hémorragie, accident vasculaire cérébral, perte de stent, embolie gazeuse), dans 32% des cas à l'ischémie cumulée, dans 7% des cas à une thrombose de stent aiguë, dans 7% des cas à la non-reperfusion et dans 15% des cas à différentes causes.
La moitié de ces arrêts cardiaques ont abouti au décès du patient, soit 162 décès (1 pour 702 procédures). Parmi ces décès, 66 (20% des arrêts cardiaques) ont eu lieu sur la table d'opération et 96 (29%) en réanimation.
Les arrêts cardiaques et décès sont survenus à toutes les étapes de la procédure, depuis l'insertion du cathéter jusqu'à la réanimation post-revascularisation.
Le pronostic de ces arrêts cardiaques était indépendant de la cause sous-jacente, mais il était moins bon en cas de fraction d'éjection ventriculaire gauche (VEGF) réduite (inférieure à 35%) et de score SYNTAX supérieur à 30.
Les causes techniques étaient plus fréquentes dans les cas avec un score SYNTAX, mesurant la complexité de la maladie coronaire, faible et l'ischémie était la cause la plus représentée pour les scores SYNTAX les plus élevés.
Un pontage coronaire de sauvetage a été réalisé chez 29 patients faisant un arrêt cardiaque, mais il a été associé à une mortalité élevée (62%). Tous les patients qui avaient une perforation coronaire (8) sont décédés.
En outre, 78 patients en arrêt cardiaque ont reçu un traitement d'assistance mécanique: 62 avec un ballon de contre-pulsion intra-aortique, dont 53% sont décédés; 9 avec une oxygénation par membrane extra-corporelle veino-artérielle (vaECMO), dont 43% sont décédés; et 7 avec le dispositif Impella* (Abiomed), mais tous sont décédés.
Source : APMnews
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