3 minutes de lecture
Évaluation de l’AZD3427 dans l’insuffisance cardiaque avec hypertension pulmonaire du groupe 2
Étude Re-PHIRE à l’HFA 2026
Publié le lundi 18 mai 2026
D’après la présentation de l’étude par le Pr. Stephan ROSENKRANZ (Allemagne).
Messages clés de l’étude Re-PHIRE à l’HFA 2026
- L’hypertension pulmonaire du groupe 2 est fréquente chez les patients insuffisants cardiaques et représente un marqueur pronostic
- Malgré un bénéfice supposé, l’AZD3427 n’a pas réussi à démontrer une amélioration clinique et hémodynamique dans cette étude.
- Une partie des résultats pourrait s’expliquer par une population randomisée à faible risque d’évènement et peu sévère.
L’HTP postcapillaire est fréquemment retrouvée chez les patients avec insuffisance cardiaque quelle que soit la FEVG et représente un marqueur pronostic. Elle peut être isolée ou combinée pré et post capillaire, définie par une élévation des résistances vasculaires pulmonaires (RVP > 2 WU) avec un pronostic plus sombre.
L’AZD3427 est une protéine de fusion recombinée qui active les récepteurs peptidiques de type 1 de la famille des relaxines. Cette activation entraîne une vasodilatation par relaxation des muscles lisses artériels, réduisant la surcharge volumique et améliorant la contractilité cardiaque. Elle favoriserait aussi des mécanismes anti-inflammatoires et antifibrotiques au niveau cardiovasculaire.
Méthodologie de l’étude Re-PHIRE
Re-PHIRE est un essai multicentrique randomisé en double aveugle de phase 2b visant à évaluer les effets de l’AZD3427 chez des patients avec insuffisance cardiaque et hypertension pulmonaire du groupe 2.
Le critère de jugement principal était la diminution des résistances vasculaires pulmonaires à 25 semaines.
Les critères de jugement secondaires étaient :
- L’évolution de la pression artérielle pulmonaire moyenne (PAPm) et post capillaire (PCap),
- Les performances au test de marche des 6 minutes,
- Le score de qualité de vie,
- L’évaluation du remodelage et de la fonction cardiaque.
Les patients inclus étaient randomisés en 1:1:1:1 recevant soit un placebo soit différents dosages de l’AZD3427 (1,1 mg, 5,4 mg ou 30 mg). Les patients inclus devaient être en stade fonctionnel NYHA II-IV, traités pour insuffisance cardiaque chronique à FEVG altérée ou préservée, stable depuis au moins 4 semaines et ayant une hypertension pulmonaire du groupe 2 isolée ou combinée, confirmée par cathétérisme cardiaque droit (PAPm ≥ 20 mmHg, PCap ≥ 15 mmHg).
Au total, 259 patients ont été inclus, l’âge moyen était de 69 ans, avec une majorité d'insuffisance cardiaque à FEVG préservée. Les résistances vasculaires pulmonaires étaient peu élevées à l’inclusion (moyenne à 2,25 WU) avec une PAPm moyenne à 33 mmHg. Le taux moyen de Nt-ProBNP était de 762 pg/ml.
Résultats de l’étude Re-PHIRE à l’HFA 2026
Quel que soit le dosage évalué, il n’y a pas eu d’effet de l’AZD3427 sur le critère de jugement principal (diminution des résistances vasculaires pulmonaires). Les résultats en sous-groupes selon la FEVG (± 50 %) ou le caractère isolé ou combiné de l’hypertension pulmonaire ne montraient pas de bénéfice sur les analyses exploratoires (Figure 1).
Figure 1
L’analyse de la PAPm à 25 semaines a montré une baisse dans tous les groupes sans différence significative entre les groupes recevant le traitement et le groupe placebo. (Figure 2). Aucune différence significative n’a été rapportée sur les autres critères secondaires en dehors d’une amélioration de la fonction rénale constatée pour les dosages 1,1 et 30 mg, principalement expliquée par une détérioration dans le groupe placébo.
Figure 2
Concernant les critères de sécurité, peu d'événements ont été rapportés sur l’ensemble des groupes, l’hypotension était l’effet indésirable le plus fréquent.
Conclusion
Chez les patients insuffisants cardiaques avec hypertension pulmonaire du groupe 2, l’administration de l’AZD3427 n'améliore pas les paramètres hémodynamiques ou cliniques de manière significative à 25 semaines. À noter que l’étude a porté sur une population de patients à faible risque, sous traitement médical optimal, avec des résistances vasculaires pulmonaires peu élevés pouvant expliquer l’absence de bénéfice.


