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Forte hausse du risque d'endocardite infectieuse chez les patients sujets à certaines pathologies cardiaques en France
Publié le jeudi 25 juin 2026
Les patients présentant un antécédent d'endocardite infectieuse, une prothèse valvulaire, une cardiopathie congénitale complexe ou qui sont porteurs d'un dispositif électronique cardiaque présentent un risque significativement accru d'endocardite infectieuse par rapport à la population générale, selon une vaste étude de cohorte française présentée aux Journées nationales d'infectiologie 2026 (JNI), à Paris.
L'endocardite infectieuse étant une infection rare mais associée à une forte mortalité (20 % de mortalité intrahospitalière), il est important de pouvoir identifier les facteurs de risque afin d'améliorer le diagnostic et de mettre en place des prophylaxies ciblées, a souligné Sophie Bamouni du groupement d'intérêt scientifique (GIS) Epi-Phare et de l'hôpital Bichat à Paris, qui présentait ce travail.
Certaines pathologies cardiaques sont connues pour augmenter ce risque. Les patients ayant un antécédent d'endocardite infectieuse, porteurs d'une prothèse valvulaire ou atteints d'une cardiopathie congénitale complexe sont ainsi considérés à haut risque, tandis que ceux ayant des dispositifs électroniques cardiaques (pacemakers et défibrillateurs), des valvulopathies cardiaques ou des cardiomyopathies hypertrophiées sont considérés à risque intermédiaire.
Des études ont évalué le risque d'endocardite au sein de ces populations à risque, notamment en Angleterre ou au Danemark, "mais elles étaient basées sur de faibles effectifs et ne tenaient pas compte de la plupart des facteurs de confusion potentiels", et par ailleurs les données pour la France sont limitées, a exposé Sophie Bamouni.
L'étude de cohorte qu'elle a présentée, qui est la "première étude française" à évaluer le risque d'endocardite infectieuse chez ces personnes en comparaison de la population générale, s'intéresse à chacune de ces situations prédisposantes, qu'elles se manifestent seules ou combinées, a-t-elle fait valoir.
Ce travail a été mené à partir des données du système national des données de santé (SNDS) et couvre la période 2010-2023.
Quatre groupes d'exposition ont été définis :
- antécédent d'endocardite infectieuse,
- port d'une prothèse valvulaire,
- cardiopathie congénitale complexe,
- port d'un dispositif électronique cardiaque.
Chaque patient exposé a été apparié dans un ratio 1:4 à des sujets non exposés issus de la population générale (sans antécédent d'endocardite infectieuse ni autre situation prédisposante) sur la base de l'âge, du sexe et de la région de résidence.
Ils ont été suivis jusqu'à la survenue d'une endocardite infectieuse, du décès ou la date de fin d'étude, et le risque d'endocardite infectieuse "a été estimé par un modèle de régression de Cox cause spécifique (décès comme risque compétitif) pondéré par un score de propension basé sur les comorbidités présentes à l'inclusion", expliquent les chercheurs dans le résumé de leur étude.
La cohorte totale était constituée de près de 1,7 million de personnes exposées et de plus de 6,7 millions de contrôles.
Les résultats montrent que l'incidence de l'endocardite infectieuse était significativement plus élevée chez les sujets exposés que chez les contrôles, avec un hazard ratio (HR) de :
- 42 en cas d'antécédent d'endocardite infectieuse,
- 34 en cas de port d'une prothèse valvulaire,
- 182 en cas de cardiopathie congénitale complexe,
- 12 en cas de port d'un dispositif électronique cardiaque.
Et alors que près de 10 % des sujets exposés de la cohorte présentaient au moins deux situations prédisposantes, les résultats montrent que le risque d'endocardite infectieuse augmentait avec le nombre de ces prédispositions, avec des HR respectivement estimés à 19,5, 49,5 et 98,5 pour une, deux ou trois prédispositions.
"Cette étude nationale confirme que les patients présentant un antécédent d'endocardite infectieuse, une prothèse valvulaire, une cardiopathie congénitale complexe ou un dispositif électronique cardiaque présentent un risque élevé d'endocardite infectieuse indépendamment de leurs comorbidités, avec une augmentation importante de ce risque en cas de cumul de situations prédisposantes", concluent les chercheurs dans leur résumé.
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